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19/12/2013 10:51 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

L'Europe recherche plus de coopération après un accord majeur face à la crise

Les dirigeants de l'UE se sont retrouvés jeudi pour tenter d'avancer dans l'intégration européenne, quelques heures après un accord majeur face à la crise.

Au lendemain de sa réélection pour un troisième mandat, la chancelière allemande Angela Merkel a plaidé pour une plus grande coopération entre Européens, notamment dans le domaine de la défense, thème de ce sommet de fin d'année.

"L'Europe peut travailler plus étroitement ensemble dans le domaine de la politique étrangère et de sécurité", a-t-elle déclaré à son arrivée à Bruxelles. Le président français, François Hollande, a souhaité des "résultats" sur l'industrie de la défense qui "doit davantage coopérer".

Mais toujours droit dans ses bottes, le Premier ministre britannique, David Cameron, a rappelé sa ferme opposition à une défense européenne. "Il est sensé pour les nations de coopérer dans le domaine de la défense afin d'assurer notre sécurité. Mais il n'est pas bon pour l'UE de se doter de capacités communes, d'armées, de moyens aériens et du reste", a-t-il lancé.

"Nous devons établir une séparation claire entre la coopération, qui est bonne, et les capacités de l'UE, qui sont mauvaises", a insisté M. Cameron.

Au final, les dirigeants de l'UE devraient décider de mettre en oeuvre des programmes dans les drones, le ravitaillement en vol ou la surveillance maritime.

Le sommet s'est ouvert sur une note positive dans la foulée d'un accord sur l'union bancaire, le projet censé éviter à l'avenir que les problèmes des banques ne se répercutent sur l'ensemble de l'économie.

Après des mois de blocage, dû en grande partie aux élections allemandes, les ministres des Finances sont parvenus dans la nuit de mercredi à jeudi à s'entendre sur le mécanisme destiné à régler le sort des banques en faillite de la zone euro. Un compromis jugé décisif, voire "historique".

Conformément à un scénario bien rodé, l'Allemagne a obtenu satisfaction sur les grandes lignes du dispositif, tout en acceptant de faire des concessions, notamment vis-à-vis de la France.

Mais les critiques n'ont pas tardé, certains responsables reprochant au mécanisme retenu sa complexité, en particulier Martin Schulz, le président du Parlement européen, qui devra avaliser le projet dans les prochains mois et a prédit de "très longues négociations".

"Nouvelle étape"

Et pour de nombreux citoyens européens qui subissent les conséquences de la crise, l'optimisme n'est pas au rendez-vous. Quelques milliers de manifestants ont bloqué jeudi les accès au quartier européen pour protester contre les politiques d'austérité.

Les Européens progressent aussi sur un chantier de plus longue haleine, celui de l'approfondissement de l'union économique et monétaire, c'est-à-dire du renforcement du contrôle des politiques économiques des Etats membres. Les Allemands insistent pour sanctuariser la discipline budgétaire au travers de "contrats" entre Etats et institutions européennes, alors que les Français plaident pour plus de "solidarité" financière entre Européens.

Mais les positions se rapprochent et, un an et demi après l'ouverture de ce chantier, les chefs d'Etat ou de gouvernement devraient se fixer l'objectif d'atteindre un "accord global" en juin 2014. Il faudra toutefois des années, et peut-être une révision des traités européens comme le souhaite l'Allemagne, pour avoir une chance d'aboutir à des résultats concrets.

Malgré des relations compliquées depuis l'arrivée de François Hollande à l'Elysée, Paris et Berlin affichent leur volonté de relancer le moteur franco-allemand, sans lequel l'Europe ne peut progresser. Au soir de son investiture, mercredi, Mme Merkel était à Paris pour affirmer que les deux pays devaient "amorcer une nouvelle étape" dans leurs relations pour "faire avancer l'Europe".

Les dirigeants européens devraient aussi faire le point sur la situation en Ukraine, qui a refusé de signer un accord d'association avec l'UE, tandis que Moscou va lui attribuer 15 milliards de dollars. Quelque peu désemparée, l'Union européenne devrait se contenter d'adresser un message de soutien au peuple ukrainien, et répéter qu'elle est toujours prête à signer l'accord.

Tout en dénonçant "l'ingérence" des Occidentaux qui soutiennent les manifestants pro-européens, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a assuré jeudi que les accords russo-ukrainiens n'étaient "pas en contradiction" avec l'intégration européenne.

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