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19/12/2013 08:34 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Les morts et le différend sur les colonies plombent le processus de paix

Deux Palestiniens ont été tués en moins de 24 heures par l'armée israélienne lors de tentatives d'arrestation en Cisjordanie, assombrissant les perspectives des négociations sous l'égide des Etats-Unis, déjà minées par le contentieux lancinant sur la colonisation.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que la construction dans les colonies ne "cesserait pas un instant", assurant que la colonisation ne représentait pas un obstacle à la paix, apparemment en réaction aux pressions internationales.

"La construction de colonies ou leur expansion est illégale", a réagi jeudi dans une déclaration à l'AFP le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina.

Selon le quotidien Haaretz, les Etats-Unis et l'Union européenne (UE) ont expressément demandé cette semaine à Israël de s'abstenir d'annoncer des projets de construction dans les colonies parallèlement à la libération de 26 prisonniers palestiniens prévue le 29 décembre, comme il l'avait fait lors des deux précédentes vagues de libérations, en octobre et en août.

Le négociateur Mohammad Chtayyeh, résolu à ne pas retourner dans la délégation palestinienne qui a présenté en novembre sa démission collective, refusée par le président Abbas, a estimé jeudi soir que ces pourparlers "ne mèneraient nulle part", lors d'un dîner avec des journalistes à Beit Jala, en Cisjordanie.

"Les Israéliens veulent substituer à une occupation par la force une occupation sur invitation, avec notre signature. Cela n'arrivera jamais", a-t-il lancé, appelant à intensifier les pressions internationales sur Israël et à envisager une conférence multilatérale à l'image de celle de Genève sur le nucléaire iranien.

Les négociateurs palestiniens ont prévenu à maintes reprises qu'il leur deviendrait impossible de poursuivre les pourparlers avec Israël jusqu'à leur terme, prévu avril, si le nombre de personnes tuées et de démolitions de maisons par l'armée israélienne, ainsi que de constructions dans les colonies, continuait au rythme actuel.

'L'occupation est là pour rester'

Une trentaine de Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes en 2013, en grande majorité en Cisjordanie. En outre, plus de 600 constructions palestiniennes ont été rasées depuis le début de l'année, "déplaçant un millier de Palestiniens", déplore l'UE jeudi.

La présidence palestinienne a condamné jeudi les opérations israéliennes qui ont abouti à la mort de deux Palestiniens dans le nord de la Cisjordanie, dénonçant une "dangereuse escalade israélienne visant à faire échouer les efforts américains et internationaux pour faire avancer le processus de paix".

Le gouverneur de Jénine, Talal Dweikat, a souligné que, par de telles opérations, "l'occupation envoyait au peuple palestinien le message qu'elle est là pour rester et continuer à commettre ces crimes".

Un membre des services du renseignement palestiniens, Saleh Yassine, a été tué dans la nuit de mercredi à jeudi à Qalqiliya par des soldats israéliens venus l'arrêter pour implication présumée dans des attaques contre l'armée israélienne.

La section locale du Fatah, le mouvement de Mahmoud Abbas, a précisé que les militaires israéliens s'étaient déguisés en Palestiniens pour passer inaperçus.

Quelques heures auparavant, Nafaa al-Saedi, membre du mouvement radical Jihad islamique, avait été tué et plusieurs autres Palestiniens blessés par les forces israéliennes dans le camp de réfugiés de Jénine, également lors d'une tentative d'arrestation.

Les membres des forces spéciales israéliennes étaient déguisés en techniciens de la compagnie de téléphonie palestinienne Paltel, a-t-on indiqué de sources de sécurité palestiniennes.

Le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a appelé Mahmoud Abbas à abandonner "la voie des négociations qui ne nous apportera rien" pour sceller enfin la réconciliation nationale palestinienne.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui a réussi à ramener les deux parties à la table des négociations en juillet, s'est pourtant dit "encouragé que des (solutions à des) questions très difficiles commencent à prendre corps" au cours de ces négociations, dans une interview diffusée dimanche.

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