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19/12/2013 01:54 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Les Emiratis seront-ils les sauveurs d'Alitalia ?

Les Emiratis d'Etihad Airways viendront-ils sauver Alitalia d'une faillite après le retrait du Franco-Néerlandais Air France-KLM ? La compagnie aérienne des Emirats Arabes Unis a en tout cas annoncé jeudi "être en discussions" avec le groupe italien.

"Etihad Airways est en discussions avec Alitalia", a écrit Tom Clarke, porte-parole de ce transporteur d'Abou Dhabi , dans un texto envoyé à l'AFP.

Le porte-parole n'a en revanche pas commenté des informations de presse évoquant un investissement de 300 à 350 millions d'euros de la compagnie émiratie dans Alitalia pour prendre jusqu'à 49% du capital, ce qui en ferait son premier actionnaire.

"Nous n'avons aucun autre commentaire à faire pour le moment", a ajouté Tom Clarke.

Alitalia, concurrencée par les compagnies à bas prix et le train, chroniquement déficitaire et dont la dette s'élève à 1,2 milliard d'euros, a validé en novembre le principe d'une augmentation de capital de 300 millions d'euros. L'opération a été bouclée ce jeudi grâce à la confirmation par les Postes italiennes d'une souscription de 75 millions d'euros.

En revanche, Air France-KLM, jusqu'ici son principal partenaire et actionnaire à hauteur de 25%, a refusé de participer à l'opération et devrait voir sa part fortement diluée (à environ 8%).

Le ministre italien des Transports Maurizio Lupi a lancé une sorte d'appel de dernière minute jeudi : "j'ai toujours dit qu'Air France était le premier interlocuteur, mais pour l'être il faut investir, si tu n'investis pas, cela veut dire que tu ne considères pas l'entreprise comme stratégique pour ton activité".

A propos de l'hypothèse d'une arrivée d'Etihad, M. Lupi, interrogé en marge d'une réunion parlementaire, a souligné que ce n'était pas le seul investisseur intéressé. "Le gouvernement a connaissance de nombreuses manifestations d'intérêt de la part de grandes compagnies qui voudraient nouer une alliance stratégique avec Alitalia", a-t-il assuré.

Selon lui, "que ce soit une alliance avec Air China, Aeroflot ou Etihad, il n'y aurait pas de superpositions de leurs activités avec Alitalia". "Nous sommes intéressés par des alliances stratégiques avec le monde arabe ou l'Asie car les compatibilités (de réseaux, ndlr) sont énormes et cela peut faire comprendre que l'Italie n'est pas un hub régional, mais international et donc stratégique", a-t-il ajouté.

Dans ce dossier, selon le ministre, le rôle du gouvernement est de "vérifier que le partenaire considère comme fondamentale notre compagnie porte-drapeau, comme stratégique notre système d'aéroports et ait un plan industriel de développement".

Plusieurs syndicats ont émis un avis positif concernant l'intérêt d'Etihad, alors que la direction d'Alitalia a proposé le 10 décembre un plan d'économies de 300 millions d'euros prévoyant notamment 1.900 suppressions d'emplois (sur 14.000 salariés).

"Il faut un nouveau partenaire industriel qui ait une solidité financière et la structure capable de valoriser les potentiels d'Alitalia, nous considérons que l'entrée d'Etihad avec une part importante du capital serait une solution pour l'avenir de la compagnie", a indiqué Claudio Tarlazzi, de l'organisation Uiltrasporti.

Même enthousiasme de la part de Giovanni Luciano, du syndicat Fit CISL : "nous jugeons cette possibilité comme étant une chance très importante de passer d'un cadre de profondes difficultés à une perspective de relance sur le plan de l'organisation et de l'emploi".

Le plan d'augmentation de capital, conçu dans l'urgence en octobre-novembre sous la pression du gouvernement, a permis à la compagnie, au bord de l'asphyxie financière, de continuer à faire voler ses avions qui sinon seraient sans doute restés cloués au sol. Mais il a été très critiqué en Italie et à l'étranger en raison du rôle joué par les pouvoirs publics dans une entreprise entièrement privée.

Reste à savoir si Etihad qui, selon des sources autorisées citées par les médias italiens, a déjà pu examiner de façon approfondie les comptes d'Alitalia ne posera pas des conditions draconiennes en vue d'un sauvetage d'Alitalia.

La compagnie d'Abou Dhabi, en pleine expansion, détient des participations minoritaires dans Air Berlin (29%), dans Air Seychelles (40%), dans Virgin Australia (19,9%) et dans Aer Lingus (3%). Elle a également reçu l'approbation réglementaire pour acquérir 24% de Jet Airways en Inde, et à partir de janvier 2014, pour l'acquisition de 49% d'Air Serbia.

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