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19/12/2013 07:07 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Le président Poutine accorde l'amnistie à Mikhail Khodorkovsky

MOSCOU - Le président russe Vladimir Poutine a annoncé jeudi qu'il entend accorder l'amnistie à l'ancien baron du pétrole Mikhail Khodorvosky, une décision étonnante qui remettra en liberté son principal adversaire et l'homme qui était anciennement le plus riche de Russie.

Cette décision, combinée à l'amnistie des deux membres du groupe Pussy Riot et des 30 membres de Greenpeace qui ont manifesté dans l'Arctique, semble chercher à adoucir les critiques internationales de la Russie en matière des droits de la personne, à quelques semaines de l'ouverture des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi.

M. Poutine y est allé de cette annonce à la toute fin de sa conférence de presse annuelle, alors qu'il répondait déjà aux questions des journalistes depuis quatre heures. Plusieurs des questions avaient porté sur le sort de M. Khodorkovsky.

Le président russe a souligné que M. Khodorkovsky, qui doit être libéré en août 2014, a présenté une demande de pardon, ce qu'il avait précédemment refusé de faire.

«Il a passé plus de 10 ans en prison, c'est une lourde peine, a dit M. Poutine. Il cite des raisons humanitaires — sa mère est malade. Un décret pour le pardonner sera signé dans les plus brefs délais.»

M. Khodorkovsky avait été arrêté en octobre 2003 sur la piste d'un aéroport de Sibérie, par des policiers armés qui s'étaient rués à bord de son jet privé. Il avait été reconnu coupable d'évasion fiscale en 2005 et de détournement de fonds en 2010.

Plusieurs affirment que les accusations contre lui étaient en fait une vengeance politique du Kremlin pour avoir contesté le pouvoir de M. Poutine.

Par ailleurs, le président russe a déclaré que la surveillance de l'Agence nationale de la sécurité (NSA) était nécessaire pour combattre le terrorisme. Il a cependant ajouté que l'appétit de l'agence américaine devait être limité avec un ensemble clair de règles de base.

Son commentaire constituait un surprenant soutien à l'administration du président américain Barack Obama, qui a fait face à des critiques massives concernant son programme d'espionnage électronique.

Interrogé sur l'ancien agent de la NSA Edward Snowden, à qui la Russie a accordé l'asile, M. Poutine a soutenu que Moscou ne le contrôlait pas. Il a fait valoir que les révélations publiées par Snowden devaient provenir de matériel qu'il a obtenu avant d'atterrir en Russie.

Il a affirmé que les services de sécurité russes n'avaient pas travaillé avec lui et ne lui avaient pas posé de questions sur les activités de la NSA contre la Russie.

M. Poutine a par ailleurs confirmé que le projet de loi d'amnistie adopté mercredi s'appliquerait aux musiciennes de Pussy Riot et aux militants de Greenpeace.

Il a remis en question les intentions des manifestants de Greenpeace pour protéger l'Arctique et a allégué qu'ils essayaient de s'attaquer aux intérêts économiques de la Russie.

Il a ajouté qu'il ne pensait pas que les accusations contre l'équipage de Greenpeace avaient été abandonnées en vertu de la loi d'amnistie, mais a dit espérer que cette situation ne se reproduise pas.

Le président Poutine a aussi assuré que la principale responsabilité de la Russie en tant que pays hôte des Jeux olympiques d'hiver était d'assurer des conditions égales pour tous les athlètes.

Des craintes avaient été soulevées à l'effet que les athlètes et les spectateurs homosexuels puissent être confrontés à de la discrimination lors des Jeux olympiques, qui se tiendront du 7 au 23 février à Sotchi.

Le dirigeant russe a affirmé que la chose principale était la bonne organisation de ces compétitions et la création de conditions égales pour tous les athlètes.

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