Le Honduras limoge le chef de police accusé de diriger des escadrons de la mort

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TEGUCIGALPA, Honduras - Le président Porfirio Lobo a congédié, jeudi, le chef de la Police nationale du Honduras, soupçonné de longue date d'avoir dirigé des escadrons de la mort lorsqu'il était un officier subalterne et dont l'unité a été maintes fois accusé d'abus.

M. Lobo a dit avoir pris la décision de limoger le général Juan Carlos Bonilla après avoir consulté le président-élu Juan Orlando Hernandez, qui entrera en fonction le 27 janvier.

Ni M. Lobo, ni le futur président n'a expliqué les raisons de ce licenciement, mais la mesure était à prévoir dans le contexte d'un changement d'administration.

M. Hernandez avait manifesté du scepticisme face aux efforts pour expulser les policiers corrompus et réorganiser la Police nationale, la seule force policière au Honduras. Le général Bonilla avait également indiqué qu'il était intéressé à quitter son poste.

Selon M. Hernandez, ces changements sont effectués en ce moment dans le cadre d'une étape de planification, et dans le but de connaître un bon départ le 27 janvier.

En 2002, M. Bonilla a été mis en accusation en lien avec de présumées violations des droits humains et a été soupçonné de diriger un campagne de nettoyage ethnique visant à tuer des criminels, pendant qu'il était chef de police régionale. Un tribunal l'a acquitté d'une accusation de meurtre par un escadron de la mort, et la Cour suprême du Honduras a maintenu le verdict en 2009.

En août 2012, M. Lobo l'a nommé chef du service de la Police nationale du Honduras, qui fait face à de fréquentes allégations de violence, de meurtre et de «faire disparaître» des gens qui sont détenus. M. Bonilla a géré tous les volets de la police, à commencer par la planification des opérations en passant par la direction des enquêtes, l'approbation des dépenses de voyage et les réparations de véhicules.