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19/12/2013 02:44 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

La Grèce devant "une crise humanitaire" (étude Syriza)

Les politiques "néolibérales" et d'austérité dictées par les créanciers UE-FMI ont conduit à "une crise humanitaire et politique" en Grèce, selon une étude publiée jeudi par la Gauche radicale (Syriza), principal parti grec d'opposition.

"La crise a agi comme un catalyseur pour adopter des politiques néolibérales entraînant une crise humanitaire et politique à travers le pays", a indiqué cette étude sur la dérégulation dans le secteur de l'emploi et les réformes dans la fonction publique et l'État de providence.

Comme dans d'autres pays sous la tutelle de la troïka (UE-BCE-FMI), l'Irlande ou le Portugal, "la thérapie s'est avérée plus dangereuse que la maladie", souligne l'étude, élaborée à l'occasion d'une enquête en cours du Parlement européen sur les politiques de rigueur, dictées par les créanciers.

Syriza rappelle que depuis l'éclosion de la crise de la dette en 2010 et l'imposition des mesures d'austérité en échange des prêts internationaux, la dette publique a "dramatiquement augmenté" et "le chômage a explosé à près de 30%".

"Actuellement, il est généralement admis que la troïka a échoué à réduire la dette et à limiter la récession", dans laquelle la Grèce est plongée pour la sixième année consécutive.

La publication de l'étude intervient quatre jours après la désignation du président du Syriza, Alexis Tsipras, comme candidat du Parti de gauche européenne (PGE) à l'élection de la présidence de la Commission européenne, qui aura lieu après les élections européennes de mai 2014.

Syriza se félicite de cette nomination, qui est "une grande responsabilité", le défi étant d'arriver à représenter à la fois les pays du sud et du nord de l'Europe.

Prônant la restructuration d'une importante partie de la dette publique grecque "à l'instar de l'effacement de la dette de l'Allemagne en 1953 après la Seconde guerre mondiale", Syriza s'est érigé en principal parti d'opposition lors des dernières élections de juin 2012.

Profitant du discrédit des deux partis traditionnels, la droite et les socialistes au pouvoir, considérés comme responsables de la crise, Syriza apparaît comme le premier parti devant la droite dans un récent sondage d'intentions de vote.

Selon un haut responsable de Syriza, "il y a une tendance en Europe de considérer Syriza comme le prochain parti au pouvoir".

Après avoir rencontré au début de l'année aux Etats-Unis les représentants du FMI, Alexis Tsipras a multiplié ces derniers mois les entretiens avec des responsables européens. Il y a une semaine, il s'est entretenu à Strasbourg avec le commissaire européen chargé des Affaires économiques, Olli Rehn.

hec/plh

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