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19/12/2013 05:32 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Egypte/corruption: l'ex-Premier ministre et deux fils de Moubarak acquittés

Ahmad Chafiq, dernier Premier ministre du président égyptien Hosni Moubarak et candidat malheureux à la présidentielle de 2012, ainsi que les deux fils de l'ancien chef de l'Etat, ont été acquittés jeudi au Caire dans une affaire de corruption.

Un an et demi après la révolte populaire qui avait chassé du pouvoir M. Moubarak, ce général à la retraite avait perdu de peu face au candidat des Frères musulmans, l'islamiste Mohamed Morsi.

Ce dernier, premier président élu démocratiquement en Egypte, a été destitué et arrêté début juillet par l'armée. Et le nouveau gouvernement dirigé de facto par les militaires mène, depuis août, une répression implacable et extrêmement meurtrière des manifestations de ses partisans islamistes réclamant son retour.

Ahmad Chafiq, qui était jugé par contumace parce qu'il a fui aux Emirats arabes unis, a été acquitté par un tribunal criminel du Caire. Il était accusé de corruption dans une affaire concernant une cession de terrains aux deux fils de Hosni Moubarak, Alaa et Gamal, actuellement en prison et jugés, comme leur père, dans d'autres procès.

M. Chafiq, qui a depuis fondé un parti politique, est désormais libre de revenir en Egypte, où des élections législatives et présidentielle doivent se tenir mi-2014.

A l'approche de ces échéances, "il va se concentrer sur son parti", a affirmé à l'AFP son porte-parole Ahmed Sarhan.

M. Chafiq était soupçonné d'avoir favorisé en 1995, quand il était un haut fonctionnaire de l'Aviation civile, la vente à un prix très avantageux de deux terrains aux fils Moubarak. Il a été acquitté pour les deux terrains litigieux.

Dans tous les cas, les deux fils de M. Moubarak resteront, eux, accusés de corruption notamment, dans d'autres procès en cours comme c'est le cas pour leur père. Hosni Moubarak, actuellement en résidence surveillée dans un hôpital militaire du Caire en raison de sa santé défaillante, est également jugé dans un autre procès pour "incitation au meurtre" de manifestants en 2011.

Le 3 juillet, invoquant des millions de manifestants qui avaient réclamé son départ trois jours plus tôt dans tout le pays, l'armée avait destitué et arrêté le président islamiste Mohamed Morsi. Il est aujourd'hui en prison, jugé pour "espionnage" et "incitation au meurtre" de manifestants du temps où il était au pouvoir.

Et, depuis le 14 août quand policiers et soldats ont tué plus de 700 manifestants pro-Morsi au Caire, le nouveau gouvernement, dirigé de facto par les militaires, mène une répression sanglante des manifestations islamistes quasi-quotidiennes.

Plus d'un millier de manifestants ont été tués depuis quatre mois et des milliers de Frères musulmans --la confrérie de M. Morsi qui avait largement remporté les législatives de fin 2011-- ont été arrêtés, dont la quasi-totalité de leurs leaders.

L'armée a imposé dès le 3 juillet au gouvernement intérimaire qu'elle venait de mettre en place d'organiser des élections législatives et présidentielles au premier semestre 2014.

Les spéculations se multiplient autour d'une possible candidature du véritable homme fort du pays: le chef de l'armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, également vice-Premier ministre et ministre de la Défense, poste qui lui avait été attribué par M. Morsi, dont il a lui-même annoncé la destitution.

Le général Sissi ne s'est pas prononcé sur son éventuelle candidature et M. Chafiq, lui-même un ancien militaire, a affirmé lors d'une interview qu'il ne se présenterait que si le général Sissi ne concourait pas pour la magistrature suprême.

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