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19/12/2013 02:40 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Damas martèle que nul ne peut empêcher Assad d'être candidat à la présidence

Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères a souligné jeudi que personne ne pouvait empêcher Bachar al-Assad d'être candidat pour un nouveau mandat présidentiel en 2014 et annoncé que la délégation officielle avait été formée pour la conférence de paix de janvier.

"Je demande à l'opposition: pourquoi un citoyen n'a pas le droit d'être candidat? Qui peut l'en empêcher? Tout citoyen syrien a le droit de l'être", a déclaré à l'AFP le vice-ministre des Affaires étrangères, Fayçal Moqdad, après que la Russie a accusé Assad de faire monter la tension en Syrie par des déclarations sur son éventuelle candidature.

"Nous voulons que (...) les urnes décident qui dirigera le pays, et le président Assad jouit d'un très grande majorité, contrairement au président (français) François Hollande qui n'a que 15% d'opinions favorables dans son pays", a-t-il souligné.

"Selon moi, le président Assad devrait être candidat, mais c'est lui qui décidera le moment venu", a poursuivi M. Moqdad dans un entretien exclusif avec l'AFP.

L'opposition souhaite que les négociations de paix prévues le 22 janvier en Suisse aient comme objectif le départ de Bachar al-Assad, ce que refuse le régime.

M. Moqdad a par ailleurs affirmé que la délégation représentant Damas lors de ces négociations, composée de neuf membres et cinq conseillers, avait été formée.

"Nous sommes prêts à tous points de vue et nous annoncerons les noms des membres très vite", a-t-il dit.

A la question de savoir s'il était prêt à négocier avec des représentants du Front islamique, une coalition de rebelles islamistes, il a refusé de répondre.

"Les Américains se sont fixé comme tâche d'établir une délégation de l'opposition. Je ne veux pas m'exprimer sur ce sujet avant de connaître la composition de cette délégation, et les Américains sont censés donner les noms demain" vendredi, a-t-il dit.

L'opposition, tout comme la rébellion qui perd du terrain dans les combats, est profondément divisée. Les avis divergent notamment sur l'opportunité de participer à la conférence de paix qui doit s'ouvrir à Montreux puis se poursuivre à Genève pour tenter de trouver une issue au conflit qui a fait plus de 126.000 morts depuis mars 2011.

"L'objectif principal est d'arrêter le terrorisme et les morts. C'est un sujet essentiel sur lequel tous les Syriens doivent se mettre d'accord, et après toutes les autres questions sont ouvertes à la discussion", a-t-il précisé. La phraséologie officielle désigne tous les rebelles par le mot "terroristes".

"Le plus important est de maintenir l'intégrité de l'Etat, de ne pas créer un vide et de travailler à l'établissement d'un gouvernement d'unité nationale largement représentatif et qui reflètera la présence réelle de chaque force dans le pays", a-t-il souligné.

Quand il lui a été demandé si gouvernement d'union signifiait qu'il comprendrait des représentants du régime et de l'opposition, il a répondu: "absolument, et même des indépendants".

Interrogé sur la possibilité que le chef de la Coalition nationale de l'opposition Ahmed Jarba devienne ministre, il a rétorqué: "Je ne veux pas interférer dans les affaires de l'opposition (...) Quand nous nous retrouverons à Genève et que son représentant dira +c'est mon candidat à ce poste de ministre+, alors nous en discuterons".

Il a refusé d'indiquer s'il allait serrer la main des membres de l'opposition et précisé d'ailleurs que les deux délégations ne s'adresseront pas directement la parole.

"Le mécanisme établi par l'ONU est que les deux délégations s'adresseront à Lakhdar Brahimi (l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe NDLR) et c'est lui qui mènera les discussions", a-t-il précisé.

Les États-Unis et la Russie auront le statut d'"initiateurs". "Ils siègeront dans deux pièces près de la salle de discussions. Leur rôle consistera à donner un conseil ou à tenter régler un problème si une délégation veut leur faire part de difficultés", a-t-il détaillé.

Il s'en est pris violemment à l'Arabie Saoudite. "Tous ceux qui ont soutenu les groupes terroristes ont le sentiment maintenant qu'ils ont commis de graves erreurs. Le seul qui affiche son total soutien aux groupes terroristes, à al-Qaïda, c'est l'Arabie saoudite".

"Si le monde veut éviter un nouveau 11 septembre, il doit dire à ce pays +trop c'est trop" et le mettre sur la liste des pays soutenant le terrorisme".

Il a jugé "inacceptable l'insistance de la France et des Américains pour que l'Iran (allié de Damas, NDLR) ne soit pas présent" à la conférence de Genève-2, "alors que l'Arabie saoudite, qui détruit la Syrie, le sera".

M. Moqdad a par ailleurs annoncé que la dépouille du médecin britannique décédé en prison en Syrie serait remise d'ici vendredi à l'ambassade de son pays à Beyrouth.

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