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19/12/2013 11:58 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Centrafrique: "les responsables des atrocités devront rendre des comptes" (ambassadrice US à l'ONU)

Les responsables des violences interreligieuses en Centrafrique, qui ont fait près d'un millier de morts ces deux dernières semaines, "devront rendre des comptes", a assuré jeudi l'ambassadrice américaine à l'ONU Samantha Power, en visite à Bangui.

"Les responsables des atrocités devront rendre des comptes. C'est un élément très important pour prévenir de nouvelles violences ou de futurs cycles de violences", a déclaré Mme Power au cours d'une conférence de presse, à l'issue d'un déplacement surprise de quelques heures dans la capitale centrafricaine.

"Une partie du problème, c'est l'absence de responsabilités, que des individus particuliers rendent des comptes pour des crimes commis. Il y a un vrai risque que des groupes entiers soient tenus responsables (...) plutôt que ceux qui ont commis des crimes", a souligné Mme Power.

"De terribles atrocités ont été commises. Des anti-balaka, des Séléka et ex-Séléka ont commis des atrocités, des lynchages, allant de maison en maison (...). Ce que demandent notamment les gens qui ont survécu, c'est la justice. Une partie de leur message c'est +nous voulons les responsables+, ou sinon les gens prendront la justice entre leurs mains", a-t-elle encore précisé.

Le président américain Barack "Obama m'a demandé de venir en Centrafrique pour montrer aux Centrafricains que l'Amérique se soucie de ce qui se passe ici. Les Etats-Unis sont bien conscients des souffrances endurées ces dernières semaines", a expliqué la diplomate américaine.

"Les Etats-Unis veulent déterminer comment ils peuvent soutenir le chemin vers la stabilité, la réconciliation, et bien sûr le retour à la démocratie avec des élections libres et justes", a-t-elle dit.

Sur la transition, censée s'achever début 2015 et à l'issue de laquelle le président Michel Djotodia (chef de l'ex-Séléka) doit quitter le pouvoir, la délégation américaine a "délivré des messages importants" aux trois principaux leaders politiques du pays: M. Djotodia, le Premier ministre Nicolas Tiangaye, et le président du Conseil de transition Alexandre Ferdinand Nguendet.

"C'est l'importance de respecter les accords" de transition signés en janvier 2013, "l'importance d'organiser des élections libres et juste pas plus tard que février 2015", a souligné Mme Power. Les trois responsables "sont d'accord pour tenir les élections pas plus tard que février 2015", a-t-elle assuré.

Mme Power est la plus importante responsable américaine à se rendre en Centrafrique, plongée dans l'anarchie depuis l'arrivée au pouvoir de la rébellion musulmane Séléka en mars 2013, et où les violences entre chrétiens et musulmans ont fait près de mille morts depuis le 5 décembre.

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