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19/12/2013 02:26 EST | Actualisé 18/02/2014 05:12 EST

Abidjan promet de ne pas "arrêter" d'exilés politiques à leur retour en Côte d'Ivoire

Le gouvernement ivoirien s'est engagé jeudi à ne pas arrêter les exilés et réfugiés du camp de l'ancien président Laurent Gbagbo désireux de rentrer en Côte d'Ivoire après l'avoir quittée au lendemain de la sanglante crise postélectorale de 2010-2011.

"On n'a arrêté personne à l'aéroport et personne ne sera arrêté à la frontière dans le cadre d'un retour", a déclaré à la presse Hamed Bakayoko, le ministre de la Sécurité ivoirien, après avoir échangé avec le Front populaire ivoirien (FPI, opposition), parti de l'ex-chef de l'Etat, sur le "retour sécurisé" des exilés.

"Tous les exilés qui veulent rentrer peuvent rentrer", a-t-il poursuivi, soulignant qu'"aucun" des rentrants n'avait jusqu'alors été "inquiété", suivant une "orientation claire" du président Alassane Ouattara.

Le FPI a affirmé avoir "obtenu des engagements fermes" et des "garanties" du gouvernement, selon Michel Amani N'Guessan l'un de ses responsables.

Plusieurs cadres, ministres, proches et partisans de M. Gbagbo avaient quitté la Côte d'Ivoire après l'arrestation de leur mentor le 11 avril 2011. Nombre de partisans de l'ex-président, craignant pour leur intégrité, s'étaient également enfuis.

Sur les 300.000 réfugiés ivoiriens dénombrés en 2011, deux tiers sont rentrés au pays, selon des chiffres communiqués en novembre par le Haut commissariat aux réfugiés.

"La justice a elle-même pris des initiatives pour montrer que même des personnes qui étaient détenues ont (...) la liberté provisoire donc dans le même sens, il y aura des mesures" qui peuvent être prises "politiquement" pour le retour des exilés, a commenté M. Bakayoko.

Quelque 25 proches de Laurent Gbagbo ont au total été placés en liberté provisoire en décembre 2012 et août dernier dans une optique de réconciliation.

Pour le FPI, les mots comme "mandat d'arrêt" ou "arrestation" doivent "disparaître" du vocabulaire des Ivoiriens.

Plus de 3.000 personnes sont mortes entre décembre 2010 et avril 2011, après que Laurent Gbagbo eut refusé de reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara à l'élection présidentielle de novembre 2010.

Laurent Gbagbo est actuellement emprisonné à La Haye en attente de son procès par la Cour pénale internationale, qui l'accuse de "crimes contre l'humanité".

Sa femme Simone, détenue dans le nord de la Côte d'Ivoire, est poursuivie pour les mêmes faits, tout comme Charles Blé Goudé, son ancien ministre de la Jeunesse, surnommé "le général de la rue" pour la manière dont il haranguait les foules.

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