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18/12/2013 02:01 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

USA: Ford plonge en Bourse après des prévisions à deux ans décevantes

Le constructeur automobile américain Ford a pris à contre-pied Wall Street mercredi avec des prévisions pour les deux années à venir plus négatives qu'attendu, invoquant la situation en Europe et au Venezuela.

"Ford a fourni des prévisions 2014 substantiellement inférieures à nos prévisions", constate Deutsche Bank dans une note.

L'action plongeait de 7,3% à 15,48 dollars vers 18H30 GMT.

Le deuxième constructeur automobile américain a affirmé qu'il allait enregistrer en 2013 l'une des "meilleures années de son histoire" et table sur "une autre année solide en 2014".

Il a toutefois indiqué s'attendre à un bénéfice avant impôts et hors éléments exceptionnels de 7 à 8 milliards de dollars l'an prochain. Cela représente une nette baisse (6 à 17% sur un an) par rapport aux 8,5 milliards anticipés cette année et après 8,3 milliards en 2012.

Une grande partie de cette baisse provient du coût d'un ambitieux programme de lancement de 23 nouveaux modèles dans le monde l'an prochain.

La restructuration en Europe, avec notamment la fermeture de l'usine belge de Genk d'ici fin 2014, va aussi se traduire par des charges de dépréciation et licenciement de 800 à 900 millions de dollars.

En Amérique du Nord, moteur de ses résultats, Ford a légèrement abaissé sa prévision de marge opérationnelle.

En Amérique du Sud, où il espérait un résultat à l'équilibre ou légèrement positif, il s'attend seulement désormais à être "presque à l'équilibre" à la suite "de récentes mesures gouvernementales au Venezuela".

Caracas est une épine récurrente dans le pied du constructeur: outre les dévaluations du bolivar et l'hyperinflation, le président Nicolas Maduro a confirmé début décembre un décret qui permet à l'Etat de fixer le prix des voitures et de contrôler leur production.

En Asie-Pacifique la croissance est très forte et le groupe y mène de coûteux investissements avec six usines en construction car, vu la forte demande, ce sont les limites de capacités de production qui freinent les ventes dans la région, a expliqué lors d'une conférence d'analystes le directeur financier Bob Shanks.

Ford a achevé de doucher les marchés en déclarant que, s'il reste "généralement sur les rails pour atteindre ses objectifs" 2015, sa cible de marge opérationnelle automobile de 8 à 9% pour cette même année est "menacée".

Ford accuse "la récession sévère en Europe et la situation en Amérique du Sud, particulièrement au Venezuela".

ved/sl/sam

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