POLITIQUE
17/12/2013 10:50 EST | Actualisé 18/12/2013 05:58 EST

L'Université Concordia se prononce contre la charte des valeurs

Radio-Canada

L'Université Concorida se positionne contre la charte des valeurs québécoises proposée par le gouvernement Marois.

Dans une déclaration publiée mardi au nom des professeurs, des associations étudiantes, des syndicats et de l'administration, l'établissement déplore que le projet de loi du ministre Bernard Drainville interdise le port de signes religieux ostentatoires.

« L'idée de ne pouvoir permettre aux membres de notre communauté d'exprimer leurs opinions religieuses à travers des symboles était tout simplement inacceptable », a expliqué la porte-parole de l'université, Christine Mota.

Les signataires de la déclaration s'entendent tous sur le principe d'égalité entre hommes et femmes. Mais c'est peut-être le seul aspect du projet qui leur plaise.

Des signes laissaient déjà entrevoir que la charte serait mal reçue à Concordia. Le mois dernier, le ministre Drainville avait annulé sa participation à un débat qui devait avoir lieu entre les murs de l'établissement, inquiet des déclarations de certains militants qui disaient vouloir perturber la rencontre.

« Nous devons, dans un milieu universitaire comme le nôtre, être capables de pousser la réflexion au-delà des symboles qui peuvent être perçus par d'autres comme une menace. » — Christine Mota, porte-parole de l'Université Concordia

Dans sa déclaration, l'université mentionne aussi que la charte pourrait avoir un effet négatif sur le recrutement d'étudiants et de personnel.

« Je pense que n'importe quelle loi susceptible d'être perçue comme restrictive risque d'avoir un impact sur les individus qui voudraient venir au Québec. Ce n'est pas un problème qui se limite à Concordia ou au réseau universitaire; au contraire, il concerne toute la société ».

Concordia est la dernière université à prendre position sur le sujet. Elle entend présenter un mémoire au gouvernement d'ici la date limite, vendredi.

D'après un reportage de Sean Henry (CBC)