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18/12/2013 10:46 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Un détenu de Guantanamo dénonce la torture, se fait expulser d'une audience

"C'est ma vie, c'est de la torture", a lancé mercredi l'un des cinq accusés des attentats du 11-Septembre, en se faisant une nouvelle fois expulser d'une audience préliminaire sur la base militaire américaine de Guantanamo où il est retenu.

C'est la troisième fois en 24 heures que le Yéménite Ramzi Ben al-Shaiba, accusé d'être l'un des coordinateurs des attentats de 2001 aux Etats-Unis, est sorti du tribunal sur cette base navale installée à Cuba.

Cette fois-ci, son expulsion s'est produite quelques secondes après que l'accusé s'est plaint du fait que les autorités américaines ne font rien pour cesser les bruits qu'il entend dans sa cellule toutes les nuits.

"Je dois quitter cet endroit. Je vous demande de faire cesser ces vibrations. Je ne veux pas rester ici tant que la torture y sera exercée", a lancé Ben al-Shaiba, qui a déjà été sorti du tribunal deux fois mardi.

"S'il n'est pas possible de stopper cela, alors vous devez démissionner", a-t-il ajouté à l'adresse du juge militaire James Pohl.

Mardi, les avocats de la défense du Yéménite avaient émis l'hypothèse que les gardiens de la prison faisaient délibérément du bruit pour empêcher leur client de dormir.

"Il n'a pas pu dormir du tout la nuit dernière à cause du bruit qu'on a fait autour de lui", avait affirmé le lieutenant commandant Kevin Bogucki. "Il est trop fatigué pour être attentif", avait-il ajouté, précisant que la cellule résonnait de coups portés contre les cloisons, une accusation que le gouvernement américain rejette.

Selon le juge Pohl, rien ne prouve ni ne dément que des bruits aient été faits volontairement pour priver de sommeil l'accusé.

Comme mardi déjà, quand Ben al-Shaiba s'était emporté sur les prisons secrètes de la CIA, le juge a de nouveau prévenu l'accusé mercredi que ses interventions intempestives, alors que ce n'était pas son tour de parler, venaient déranger le bon déroulement de l'audience et qu'il serait expulsé s'il n'arrêtait pas de parler.

"C'est ma vie, c'est de la torture. Vous devez arrêter (ces bruits)", a malgré tout insisté Ben al-Shaiba, se faisant du même coup sortir du tribunal.

Cette audience préliminaire, en préparation du procès contre les cinq co-accusés qui aura lieu en 2015, était retransmise à la base militaire de Fort Meade dans le Maryland (est des Etats-Unis).

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