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18/12/2013 03:56 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Robinson Jean Louis, le "bon docteur" de Marc Ravalomanana

Robinson Jean Louis, en lice dimanche pour le second tour de l'élection présidentielle malgache, est un médecin réputé intègre qui revendique l'héritage de Marc Ravalomanana, mais à qui ses adversaires reprochent d'être français et porté sur la boisson.

Agé de 61 ans, le Dr Jean Louis est arrivé en tête du premier tour avec 21,16% des voix, grâce au soutien massif du clan du président déchu Marc Ravalomanana, chassé du pouvoir en 2009 par un coup de force.

M. Ravalomanana, qui vit en exil en Afrique du Sud, n'a pas été autorisé à se présenter lui-même à ce scrutin.

De double nationalité malgache et française, le candidat Jean Louis a été beaucoup attaqué pendant la campagne sur sa trop grande proximité avec la France, et son appartenance au Parti socialiste français.

"Je suis fier d'être français, je suis fier d'être malagasy (malgache)", a-t-il répondu lors d'un débat télévisé. "Je suis issu d'un amour entre une princesse malgache et un officier français, je ne vois pas où est le mal (...) et j'ai aussi du sang chinois parce que mon père est métis chinois", a-t-il ajouté.

"On peut prendre congé des grandes loges, ce que j'ai fait depuis que je me suis présenté", s'est-il aussi défendu quand on lui reprochait d'être franc-maçon.

Cet ancien membre du comité exécutif de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) est aussi soupçonné par les médias d'avoir un penchant pour l'alcool et d'être apparu "ivre lors d'une prestation devant des étudiants" en novembre, selon Lalatiana Rakotondrazafy, une journaliste d'opposition.

Robinson Jean Louis s'est présenté à la présidentielle sous la couleur de son propre parti, Avana (Antokony Vahoaka Aloha No Andrianina, "Le peuple d'abord"), et était considéré comme un petit candidat sans aucune chance, avant d'être adoubé - récupéré, diront ses détracteurs - par Marc Ravalomanana deux mois avant le premier tour du 25 octobre.

"Le pays est malade (...) et il a besoin d'un médecin de confiance", a déclaré l'ancien président en choisissant de le soutenir, non sans grincement de dents dans son camp majoritairement protestant et aux aspirations volontiers pro-anglophones, alors que M. Jean Louis est un catholique francophile.

"Les paysans se souviennent qu'à l'époque où il était ministre de la Santé de Ravalomanana, ils ont vu arriver dans des centaines de villages des dispensaires avec des médicaments non périmés et du personnel", remarque Didier Galibert, spécialiste de Madagascar au centre de recherche sur l'Afrique LAM de Bordeaux, qui le décrit comme "intègre".

Surfant sur la nostalgie de l'ère Ravalomanana pendant laquelle Madagascar a connu une assez forte période de croissance, le Dr Jean Louis en revendique l'héritage, proposant un "plan de stabilisation du pays" et un "plan quinquennal" de développement.

Des médias d'opposition ont récemment rapporté qu'il aurait volé avant les élections de 2007 une cruche d'eau sacrée - qui selon la croyance malgache assure le pouvoir à qui la reçoit - destinée à Marc Ravalomanana.

Robinson Jean Louis se serait baigné dans cette eau et aurait donné de l'eau plate au président à son insu.

Ce qui montre, selon ses ennemis, qu'il est susceptible de trahir ses amis.

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