POLITIQUE
18/12/2013 12:03 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Menace de décote du Québec: la faute aux libéraux, dit Pauline Marois (VIDÉO)

PARIS - Pauline Marois impute au gouvernement de Jean Charest la responsabilité de la menace de décote que Fitch a fait peser sur la note de crédit du Québec. Les experts de l'agence de notation financière «étaient en désaccord avec certaines politiques qu'avait adoptées le Parti libéral», mais le gouvernement a corrigé le tir, selon la première ministre.

«Les informations que nous avons apportées ont permis d'illustrer très clairement comment notre gouvernement a réussi à contrôler les dépenses d'une façon exceptionnelle, ce que n'avait jamais fait l'ancien gouvernement pendant 10 ans», a déclaré Mme Marois, mercredi, à Paris.

Au départ, Fitch Rating, une des principales agences mondiales avec Moody's et Standard and Poor's, avait menacé de revoir à la baisse la note de crédit du Québec. Elle s'est finalement limitée à mettre le Québec «sous surveillance avec une perspective négative» après une intervention du gouvernement Marois, qui lui a fourni des «renseignements additionnels».

Clairement, c'est la capacité de l'État québécois à contrôler ses dépenses, après le report de deux ans du déficit zéro (il atteindra de 2,5 milliards $ cette année), qui était en cause. Le gouvernement libéral n'avait pas été confronté à une telle menace de décote parce qu'il atteignait ses objectifs budgétaires, mais «c'est parce que ses revenus augmentaient plus vite que prévu».

«Il continuait à dépenser», a signalé Mme Marois.

«C'est l'ensemble de ces informations que nous avons rendues disponibles (…). On a explicité davantage ce qu'on trouvait dans notre budget, et le fait que les décisions qui avaient été prises pour contrôler les dépenses nous avaient menés à des résultats positifs, et que c'est dans ce sens-là que nous allons continuer de travailler», a-t-elle poursuivi.

Dans son plaidoyer, le gouvernement a aussi mis en avant ses politiques économiques, sur lesquelles il n'avait «probablement pas suffisamment» insisté.

«Les investissements que nous allons faire, les mesures que nous appliquons pour augmenter les investissements privés avec des partenaires privés, vont avoir un impact sur notre économie», a prédit la première ministre, juste avant de quitter Paris au terme de sa «mission économique» de cinq jours.

Couillard réplique

À Québec où il était assermenté en tant que nouveau député de la circonscription d'Outremont, le chef libéral Philippe Couillard a répliqué aux attaques de Mme Marois à l'endroit du précédent gouvernement.

Selon M. Couillard, la première ministre ne cesse de jeter le blâme sur les autres quant à la mauvaise performance économique du Québec.

«Sommes-nous surpris. D'abord, ça a été la faute des Québécois qui épargnaient trop. Ensuite, ça a été la faute de l'inflation. Ensuite, ça a été la faute des économistes et maintenant c'est la faute des libéraux. Alors moi ce que je dirais à Mme Marois, que je lui ferais remarquer respectueusement, c'est que pendant le gouvernement libéral, à trois reprises la cote de crédit du Québec a été augmentée par trois agences différentes. Elle vient d'arriver au gouvernement depuis quelques mois, et la première nouvelle qu'on a d'une agence de crédit, c'est un avertissement et une perspective négative. Alors il y a du chemin à faire entre les deux bilans», a dit le chef libéral.

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