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18/12/2013 02:59 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

L'ONU appelle le Maroc à plus d'efforts contre les aveux sous la torture

Un groupe de travail de l'ONU en visite au Maroc a appelé mercredi le royaume à mettre fin aux aveux sous la torture, dont ils ont dit avoir recueillis plusieurs témoignages lors de leur séjour.

"Le Groupe de travail a été informé à travers ses entretiens avec des détenus que les aveux obtenus sous la torture constituent dans la plupart des cas le fondement des condamnations", a déclaré El Hadji Malick Sow, un juge sénégalais membre du groupe de travail, lors d'une conférence de presse.

"Ainsi que l'a dit le président du Conseil national des droits de l'Homme (officiel), 2014 doit être l'année où le Maroc abolit la torture", a-t-il ajouté.

En visite au Maroc depuis 10 jours, à l'invitation du royaume, la délégation a visité 12 centres de privation de liberté "sans restrictions". Ils se sont notamment rendus à Rabat, Casablanca, Tanger (nord), mais aussi à Laâyoune, chef lieu du Sahara occidental, une région contrôlée par le Maroc mais revendiquée par les indépendantistes du Front Polisario.

Dans ses conclusions, le Groupe onusien a en outre exprimé "sa préoccupation quant à la compétence très large accordée au tribunal militaire permanent, lequel peut juger des civils dans certaines circonstances".

Ils ont également confié leur inquiétude quant aux maintient en détention de suspects sans qu'ils aient accès à un avocat, et à la détention des immigrés illégaux.

Le Groupe onusien a aussi indiqué que la loi antiterroriste, adoptée par le Maroc après les attentats de Casablanca en 2003, devait être modifiée "pour rendre les incriminations plus précises, réduire les délais de garde à vue et instituer une procédure qui garantit un procès équitable".

Lors de sa rencontre avec Mohammed VI à la Maison Blanche en novembre, le président américain Barack Obama avait "salué l'engagement du roi à mettre fin aux pratiques de procès de civils devant la justice militaire", allusion aux promesses émises à Rabat après la condamnation début 2013 à de lourdes peines, par une cour militaire, de 25 Sahraouis pour le meurtre de 11 membres des forces de l'ordre à Gdim Izik, près de Laâyoune.

Le rapport final du Groupe de l'ONU sera présenté au Conseil des droits de l'homme en septembre 2014.

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