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18/12/2013 11:19 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Le médecin britannique mort en prison s'est "pendu" selon Damas

Le régime syrien, accusé par Londres d'avoir assassiné un médecin britannique en prison, s'est défendu mercredi en affirmant que le défunt s'était "pendu" dans sa cellule, où il était détenu pour "activités non autorisées".

Sur le front, l'armée de l'air a poursuivi son offensive sur les quartiers tenus par les insurgés à Alep, la grande métropole du nord où les raids aériens ont fait depuis dimanche au moins 189 morts et 879 blessés, selon Médecins sans frontières (MSF). Une ONG syrienne a fait état de son côté d'au moins 135 morts, dont des dizaines d'enfants, de dimanche à mardi.

Alors qu'une conférence de paix internationale est prévue en Suisse le 22 janvier, le conseiller du chef de la Coalition de l'opposition, Monzer Aqbiq, a indiqué à l'AFP que les pays occidentaux soutenant l'opposition avaient réaffirmé, lors d'une réunion le 13 décembre à Londres, que le président Assad n'aurait "aucun rôle" à jouer dans une période de transition.

Il démentait des informations de presse selon lesquelles les pays occidentaux hostiles à M. Assad ont fait comprendre à l'opposition, lors de cette même réunion, que M. Assad pourrait rester au pouvoir, en raison des craintes liées à la montée en puissance des jihadistes.

A Damas, les Affaires étrangères ont annoncé que Abbas Khan, qui avait travaillé dans des hôpitaux auprès de victimes de la guerre avant d'être arrêté en novembre 2012, "était entré sur le territoire syrien de manière illégale et menait des activités non autorisées".

"La cause du décès est une asphyxie par pendaison", conclut un rapport médical officiel, soutenant que le Dr Khan s'est "suicidé".

Alors que Londres a accusé le régime d'avoir "assassiné" le médecin, le rapport indique que les examens ont montré que "le corps ne présentait aucune trace de violence".

Selon le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Moqdad, Abbas Khan devait être libéré à l'occasion des fêtes de fin d'année, "comme cadeau du peuple syrien au peuple britannique".

Human Aid UK, l'ONG pour laquelle le médecin a travaillé, estime donc "incompréhensible" d'imaginer que ce père de deux enfants se soit suicidé alors qu'il espérait être libéré quelques jours plus tard.

Dans une interview à la chaîne ITV News, Fatima Khan, la mère de la victime, a appelé les autorités syriennes à lui remettre le corps de son fils.

Trois alaouites décapités

Au quatrième jour de l'offensive aérienne contre le nord et l'est d'Alep, contrôlés par les rebelles, l'aviation, principal atout du régime, continuait de larguer des "barils d'explosifs" qui ont fait au moins 135 morts, dont 40 enfants, de dimanche à mardi, selon l'OSDH.

"Le régime continue de bombarder Alep, alors que la communauté internationale est silencieuse", dénonce Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

Selon l'OSDH, l'armée utilise des "barils d'explosifs" tapissés de béton et remplis de TNT "pour faire un maximum de destructions et de morts" et "monter les habitants d'Alep contre les rebelles".

Sur le plan diplomatique, l'ambassadeur américain en Syrie Robert Ford a indiqué que le Front islamique, nouvellement constitué, avait refusé de rencontrer des responsables américains.

Le Front islamique, une coalition non liée à Al-Qaïda, est devenue le plus important des groupes rebelles, aux dépens de l'Armée syrienne libre (ASL), soutenue par les pays occidentaux.

Mercredi, le régime s'est dit "surpris" de voir les Américains dialoguer avec des "terroristes", terme utilisé par Damas pour désigner les rebelles.

A Adra, ville multiconfessionnelle au nord-est de Damas contrôlée par le régime et attaquée vendredi par des jihadistes et des bataillons islamistes, des hommes de l'Etat islamique en Irak et au levant ont décapité trois alaouites, communauté dont est issu le président Bachar al-Assad, selon l'OSDH et des sites jihadistes qui ont publié des photos des hommes décapités.

Et face à l'aggravation de la crise humanitaire, l'Union européenne a annoncé une aide de 147 millions d'euros, la plus importante jusqu'à présent, pour venir en aide aux victimes.

MSF a demandé de son côté d'accroître "de toute urgence" l'aide humanitaire.

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