POLITIQUE
18/12/2013 11:04 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Tarifs d'Hydro-Québec: François Legault refuse une hausse de 5,8 pour cent

PC

MONTRÉAL - Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, trouve démesurée la hausse de tarif de 5,8 pour cent demandée par Hydro-Québec. Et même si la Régie de l'énergie ne s'est pas encore prononcée à ce sujet, il demande au gouvernement Marois de rappeler à l'ordre la société d'État.

Au cours d'une rencontre avec la presse, mercredi à Montréal, M. Legault a soutenu que seule une hausse de 2,2 pour cent lui paraîtrait acceptable, justifiée par deux facteurs: la hausse du taux d'inflation (1,4 pour cent) et le remboursement de la dette (0,8 pour cent).

La hausse demandée de 5,8 pour cent est d'autant plus inacceptable, selon le chef caquiste, qu'elle est causée par les pertes d'Hydro-Québec pour les contrats d'énergie éolienne. Ceux-ci avaient été signés sous le précédent gouvernement libéral.

Devant la Régie de l'énergie, plus tôt ce mois-ci, le président d'Hydro-Québec Distribution, Daniel Richard, avait reconnu que la hausse demandée provenait des coûts engendrés par la mise en service de nouveaux parcs éoliens, ainsi que l'indexation prévue du prix de l'électricité du bloc patrimonial. L'éolien était responsable de 2,7 pour cent de l'augmentation demandée.

Hydro-Québec avait calculé que la hausse de tarif, si elle était accordée, signifierait une augmentation de 120 $ pour une résidence de taille moyenne et de 36 $ pour les locataires d'un logement moyen.

Peu importe les justifications d'une telle hausse, M. Legault la trouve exagérée. «Le gouvernement Marois doit refuser la partie de la hausse qui représente 3,6 pour cent», donc qui va au-delà du 2,2 pour cent qu'il jugerait acceptable.

M. Legault juge que le coût de ces mauvais contrats d'énergie éolienne n'a pas à être assumé par les consommateurs québécois. «Le Parti québécois et le Parti libéral doivent cesser de presser les contribuables comme des citrons; il n'y a plus de jus dans le citron», s'est-il exclamé, y voyant une taxe déguisée.

Le chef de la CAQ souhaite aussi qu'à l'avenir, on procède à une analyse rigoureuse de la rentabilité de tels contrats avant de les signer. «Ça peut dans certains cas être intéressant de développer de nouvelles filières énergétiques, mais ça ne doit pas se faire sur le dos des consommateurs; ça doit se faire dans une stratégie où il y a une perspective de rentabilité _ ce qui ne semble pas le cas avec les contrats qui ont été signés», a-t-il déploré.

La société d'État prévoit enregistrer des surplus d'électricité jusqu'en 2027, notamment à cause du choix du gouvernement du Québec de mettre en service de nouveaux parcs éoliens. L'éolien coûte plus cher à produire que l'hydroélectricité, a déjà reconnu Hydro-Québec.