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18/12/2013 10:55 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Des mineurs sont torturés en Syrie, selon Amnistie internationale

Le groupe jihadiste l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL) enlève, torture et tue des détenus dans des prisons secrètes en Syrie, rapporte Aministie internationale.

L'organisation des droits de l'homme fait état d'enfants âgés d'à peine huit ans parmi les prisonniers.

D'autres mineurs sont soumis au fouet et emprisonnés avec les adultes dans des conditions « cruelles et inhumaines », ajoute Amnistie internationale.

Des hommes masqués gardent leurs otages détenus pendant des semaines en isolement avant de les juger par des tribunaux appliquant la charia, la loi islamique. Ces peines vont de la condamnation à mort aux coups de fouet.

L'organisation des droits de l'homme s'appuie sur les témoignages d'anciens prisonniers, qui ont raconté avoir été battus avec des câbles et soumis à des décharges électriques.

Amnistie internationale indique que certains détenus ont été emprisonnés pour des raisons aussi triviales qu'avoir fumé. Certains auraient également été détenus pour avoir eu des relations sexuelles hors mariage.

L'organisation fait état de dizaines de militants, de journalistes-citoyens syriens et de journalistes étrangers kidnappés par ce groupe islamiste.

Les témoins rapportent des scènes troublantes, où un « juge » fait régner la terreur en rendant ses décisions, une ceinture d'explosifs à la taille. Il distribue les peines en quelques minutes.

Ils citent également le cas de deux adolescents de 14 ans condamnés à être fouettés, et celui d'un père obligé d'écouter les cris de son fils, torturé dans une pièce voisine.

Un membre du gouvernement britannique a pour sa part accusé les autorités syriennes d'avoir assassiné un médecin britannique détenu depuis novembre 2012. Damas s'est défendu en affirmant que le défunt s'était « pendu » dans sa cellule, où il était détenu pour « activités non autorisées ».

La mise en garde d'Amnistie internationale

L'organisation s'adresse directement à la Turquie et aux pays du Golfe, qui soutiennent l'opposition syrienne.

Elle les appelle à la vigilance et leur demande de limiter les livraisons d'armes à l'EIIL, soupçonné d'accueillir des mercenaires étrangers et de vouloir créer un État islamique.

Depuis le début du conflit, le gouvernement syrien a pointé du doigt les islamistes, accusant ceux-ci de torturer et de tuer les prisonniers.

La révolte, qui s'est transformée en guerre civile en Syrie, a fait 126 000 morts depuis mars 2011.

À Alep, l'armée de l'air a largué mercredi des barils remplis d'explosifs sur certains secteurs contrôlés par les rebelles, au quatrième jour d'une importante campagne pour chasser les combattants de la ville.

Des témoignages rapportés par l'OSDH font état de plus de plus de 165 morts au cours des trois premiers jours de l'offensive.

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