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18/12/2013 03:38 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Denis Lebel confirme la survie du Centre de sauvetage maritime de Québec

OTTAWA - Halifax et Trenton n'avaient pas ce qu'il fallait pour que les appels des marins francophones en danger sur les eaux navigables soient bien compris. Résultat: près de trois ans après l'annonce de sa fermeture, le Centre de sauvetage maritime de Québec restera finalement ouvert.

Le lieutenant politique de Stephen Harper pour le Québec, Denis Lebel, a confirmé à La Presse Canadienne mercredi qu'il demeurera en service, puisque les deux autres centres où les appels de détresse auraient été redirigés n'étaient pas en mesure d'assurer en tout temps des services bilingues.

«Le Centre de sauvetage maritime de Québec restera ouvert vu l'incapacité qu'on a à nous garantir qu'il y aura un français qui répond aux besoins des marins qui sera donné 24 heures par jour», a expliqué M. Lebel en entrevue.

Le démantèlement de l'unique centre de sauvetage ayant le français comme langue principale au pays avait été annoncé dans le budget conservateur en 2011 par souci d'économie. Devant la levée de boucliers qui avait suivi, la Garde côtière avait reporté la fermeture de façon indéfinie, tant que le commissaire aux langues officielles ne serait pas satisfait de la qualité des services en français à Halifax.

En mai dernier, le commissaire Graham Fraser a signalé que Trenton et Halifax n'étaient absolument pas sur la bonne voie. Il a publié un rapport de suivi très sévère, relevant des lacunes qui auraient pu «mettre en danger la sécurités des marins, des pêcheurs et des plaisanciers francophones».

En entrevue, le ministre Lebel admet que l'avis de M. Fraser a constitué un élément d'information qui a pesé dans la balance dans la décision de Pêches et Océans de garder le centre de Québec ouvert. Il affirme par ailleurs que le caucus conservateur québécois a fait des représentations auprès de la ministre Gail Shea.

«Nous, on a fait valoir le point, et aujourd'hui, on a un résultat qui est concluant pour tout le monde», a-t-il noté.

La députée néo-démocrate Annick Papillon, qui a souvent posé des questions sur le sujet à la Chambre des communes, croit que les troupes de Stephen Harper n'avaient d'autre choix que de faire marche arrière.

«Le gouvernement a compris qu'il fallait qu'il recule sur ce dossier-là. C'est une grande victoire pour le NPD qui a travaillé depuis près de trois ans à forcer les conservateurs pour qu'ils reculent sur cette décision-là», a-t-elle soutenu.

La survie du Centre de Québec était un secret de Polichinelle sur les deux collines parlementaires, mais les conservateurs tardaient à en faire l'annonce officielle. Le gouvernement du Québec a accueilli la nouvelle du maintien du Centre avec satisfaction.

«Le gouvernement fédéral a voulu faire des économies sur le dos des services offerts aux francophones sans prendre en compte les conséquences pour la sécurité des plaisanciers et pêcheurs que ces coupures auraient pu provoquer», a écrit le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales, Alexandre Cloutier, dans un communiqué.

«Nous ne comprenions pas les motivations du gouvernement fédéral et nous sommes soulagés qu'Ottawa ait entendu la voix du gouvernement du Québec et de tous les intervenants spécialisés qui décriaient cette décision», a-t-il ajouté.

Le gouvernement de Pauline Marois s'est également réjoui du fait que la dizaine d'employés de la Garde côtière à Québec conserveront leur emploi.

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