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18/12/2013 01:00 EST | Actualisé 17/02/2014 05:12 EST

Découverte d'un marqueur de la résistance du paludisme au principal traitement

Des chercheurs de l'Institut Pasteur ont trouvé un marqueur permettant de repérer les parasites du paludisme résistants au traitement le plus efficace, l'artémisinine, une découverte qui devrait permettre de mieux suivre leur propagation et d'adapter plus rapidement les traitements.

Dans une étude publiée mercredi dans la revue scientifique britannique Nature, les chercheurs qui ont travaillé sur des parasites résistants apparus au Cambodge il y a une dizaine d'années, indiquent avoir découvert que la résistance était liée à la mutation d'un gène particulier.

"Il s'agit en réalité de plusieurs mutations du même gène, mais au Cambodge nous avons trouvé un mutant dominant, présent dans 70 à 75% des parasites résistants" explique Odile Puijalon, la chercheuse qui a coordonné l'étude.

Provoqué par des parasites du genre Plasmodium, notamment Plasmodium falciparum le plus mortel, le paludisme touche plusieurs centaines de millions de personnes et provoque quelque 660.000 morts chaque année dans le monde.

Il n'existe pour l'instant aucun vaccin contre cette maladie et les patients sont généralement traités par des dérivés de l'artémisinine, administrés en combinaison avec d'autres médicaments anti-paludéens (ACT).

Mais l'émergence au Cambodge de parasites résistants (P. falciparum) aux dérivés de l'artémisinine inclus dans les dernières combinaisons thérapeutiques inquiète les chercheurs.

Ceux-ci redoutent que ces résistances se diffusent à l'avenir en Afrique sub-saharienne, zone la plus touchée par le paludisme, comme ce fut déjà le cas dans le passé avec la résistance aux traitements à base de chloroquine, également apparue dans cette région du monde.

Pour repérer ces résistances, "il suffira à l'avenir de prélever une goutte de sang au bout du doigt des malades, ce qui permettra de tester rapidement des milliers de personnes", alors que jusqu'à présent les chercheurs devaient effectuer de coûteuses études cliniques, "portant sur très peu de monde" relève Mme Puijalon.

Grâce à la simplicité du nouveau marqueur, "il sera possible de mieux surveiller la propagation des formes résistantes du paludisme, de cartographier leur distribution et d'accélérer le développement de nouveaux traitements" pour lutter contre cette maladie, ajoute-t-elle.

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