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18/12/2013 04:25 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Chine: les montres de luxe victimes en 2013 de la campagne anticorruption

Les ventes de montres de valeur ont sévèrement trébuché en Chine cette année, victimes d'un net effritement du marché du luxe sur fond de campagne gouvernementale contre la corruption, selon une étude diffusée cette semaine.

L'horlogerie, qui compte pour plus d'un cinquième du marché chinois du luxe, a vu ses ventes chuter de 11% dans le pays en 2013, à 27 milliards de yuans (3,2 milliards d'euros), a estimé un rapport du cabinet Bain & Company.

Alors que l'industrie du luxe en Chine a longtemps connu une croissance insolente, ses ventes dans le pays marquent désormais le pas: après une hausse de 7% l'an dernier, elles ont crû de 2% seulement en 2013, à 116 milliards de dollars -- une progression dérisoire comparée au bond annuel de quelque 30% enregistré en 2011.

"La campagne très ostensible du gouvernement pour encourager la frugalité et contrer la corruption (parmi les cadres du Parti communiste au pouvoir, NDLR) a eu un impact important sur les achats de cadeaux, un des principaux moteurs de la croissance du secteur", a expliqué Bain dans un communiqué.

Tout comme les montres, les ventes d'articles vestimentaires masculins ont reculé de 1% sur un an, à 12 milliards de yuans, a ajouté le cabinet dans son rapport publié mardi.

Les ventes de produits cosmétiques et de soin personnel, qui constituent plus d'un quart des ventes de luxe en Chine, ont quant à elles connu un ralentissement sensible, progressant de 10% sur un an, contre 15% l'année précédente.

Xi Jinping, arrivé à la tête du Parti il y a un peu plus d'un an et président du pays depuis mars, a mis l'accent sur la lutte contre la corruption au sein de l'appareil politique, disant vouloir s'en prendre aux "mouches comme aux tigres", c'est-à-dire aux cadres de tous niveaux.

Or, les achats d'articles de luxe par des responsables politiques sont traqués par les internautes, et peuvent ouvrir la voie à des enquêtes pour corruption.

Entre autres, un haut responsable provincial avait été surnommé "Frérot-les-montres" sur les réseaux sociaux et épinglé par les internautes en raison des luxueuses mécaniques qu'il arborait au poignet; il avait ensuite fait l'objet d'une enquête et a été condamné en septembre à 14 ans de réclusion pour avoir reçu des pots-de-vins.

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