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17/12/2013 04:52 EST | Actualisé 15/02/2014 05:12 EST

Shah Deniz II: la décision d'investissement ouvre la voie aux livraisons de gaz vers l'Europe

Le consortium qui développe l'immense gisement gazier azerbaïdjanais de Shah Deniz dans la Caspienne a signé mardi la décision finale d'investissement du projet, ouvrant la voie à de futures livraisons de gaz vers l'Europe qui cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Russie.

L'accord, qui représente au total 28 milliards de dollars d'investissements, a été signé à Bakou, la capitale de l'Azerbaïdjan, par les actionnaires du consortium, qui regroupe le géant britannique BP, la compagnie publique azerbaïdjanaise Socar, le norvégien Statoil, le français Total et le russe Loukoïl.

Cette décision a une importance cruciale pour l'Union européenne car elle donne le coup d'envoi des projets d'expansion du gazoduc du Caucase du Sud à travers l'Azerbaïdjan et la Géorgie, de construction du gazoduc transanatolien (TANAP) et du gazoduc transadriatique (TAP) à travers la Grèce, l'Albanie et l'Italie.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a estimé dans un communiqué qu'il s'agissait d'une "étape majeure" dans la stratégie de l'UE de diversification de ses livraisons pour réduire sa dépendance vis-à-vis de la Russie.

"L'accord d'aujourd'hui changera la carte énergétique de l'Europe", s'est félicité lors de la cérémonie officielle le président azerbaïdjanais Ilham Aliev.

"Le gaz de l'Azerbaïdjan pourra maintenant atteindre le marché qui en a le plus besoin", a-t-il ajouté.

"Shah Deniz II et les gazoducs du Corridor du Sud changeront non seulement la carte énergétique, mais donneront pour la première fois aux clients en Europe accès aux ressources en gaz de l'Azerbaïdjan", a souligné le directeur général de BP.

Le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger, a estimé pour sa part qu'à terme, le Corridor du Sud permettrait de satisfaire 20% des besoins de l'UE, selon le communiqué de l'UE.

En juin, le consortium a choisi le projet de gazoduc TAP pour ses livraisons de gaz vers l'Europe en contournant la Russie, préférant ce projet à celui, concurrent, de Nabucco-Ouest dont le tracé était beaucoup plus long.

"Cela va accroître la sécurité énergétique et la compétitivité de l'Europe en offrant une nouvelle source d'approvisionnement en gaz pour l'Europe du Sud", a pour sa part déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, présent à la cérémonie.

Le consortium envisage d'extraire 16 milliards de mètres cubes de gaz par an du gisement, avec de premières livraisons de gaz attendues vers 2018 pour la Turquie et à partir de 2019 pour l'Europe.

En septembre, des contrats à long-terme ont été conclus avec neuf sociétés européennes, dont le groupe anglo-hollandais Shell, l'espagnol Gasnatural Fenosa, le français GDF Suez, l'allemand E.ON, ou encore les italiens Hera Trading et Enel.

Dans le cadre de cette décision, les partenaires du consortium ont procédé à une redistribution des participations.

Le groupe pétrolier norvégien Statoil, qui détient actuellement 25,5% dans Shah Deniz, a annoncé la cession de 10% de ce gisement et des infrastructures qui y sont liées pour 1,45 milliard de dollars (1,05 milliard d'euros).

Les acquéreurs sont Socar qui en reprend 6,7% et BP (3,3%).

Par ailleurs, la Socar et les autres actionnaires ont convenu de prolonger l'accord de partage de production sur le gisement jusqu'en 2048.

Avant le début de la cérémonie, Amnesty International a appelé la Grande-Bretagne à s'assurer que l'accord n'était pas "limité au gaz et aux profits", dénonçant les violations des droits de l'homme en Azerbaïdjan, une ex-république soviétique du Caucase.

bur-edy/lpt/fw

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E.ON

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