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17/12/2013 02:20 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Scandale de la viande de cheval en France : deux personnes mises en examen (parquet)

Deux premières personnes ont été mises en examen mardi soir à Marseille (sud) dans l'enquête sur un trafic de viande de cheval impropre à la consommation en France, qui porte pour le moment sur 200 bêtes mais s'annonce beaucoup plus important.

Ces deux personnes, dont les identités n'ont pas été précisées, ont été mises en examen pour "usage de faux de manière habituelle" et "tromperie" et laissées libres sous contrôle judiciaire, a indiqué le parquet, précisant que deux autres personnes devaient être entendues dans la soirée.

Il s'agit notamment d'un "maquignon" (marchands de bestiaux), selon la même source.

Mercredi, la juge d'instruction Annaïck Le Goff doit entendre l'instigateur présumé du réseau basé à Narbonne (sud), quatre vétérinaires qui signaient des certificats, parfois sans même avoir vu les animaux, et enfin un informaticien soupçonné d'être faussaire.

Sur les 21 personnes interpellées lundi dans 11 départements du sud, 11 ont été remises en liberté et devraient être à nouveau convoquées ultérieurement.

Ce trafic, aux ramifications européennes (des perquisitions ont eu lieu à Gérone en Espagne), porte pour le moment sur 200 chevaux revendus bien qu'étant impropres à la consommation. Mais, selon le procureur de Marseille, ce n'est que le "début de l'enquête" et la fraude pourrait en concerner bien plus d'animaux. En effet, "50 chevaux par semaine, donc 200 par mois, transitaient par l'abattoir de Narbonne, 50% destinés à la consommation en France et 50% à l'exportation", a-t-il précisé.

Ces animaux, achetés à bas prix, provenaient de centres équestres, de particuliers ou encore du laboratoire pharmaceutique Sanofi.

Les animaux ayant servi à des expérimentations doivent toujours être écartés de la chaîne alimentaire, "par prudence", a précisé le ministère de l'Agriculture. La plupart sont euthanasiés, étant dans de rares cas "placés" si un certificat vétérinaire atteste que les conditions sont réunies.

L'information judiciaire a été ouverte début novembre 2013, à la suite d'une dénonciation anonyme, pour "tromperie, faux et usage de faux, corruption et association de malfaiteurs", pour des faits ayant débuté en mai 2011.

"En l'état de ce dossier, il n'y a aucun caractère nuisible à la santé humaine", avait expliqué lundi le procureur, précisant qu'il s'agissait d'"une fraude aux normes sanitaires, pas d'une fraude sanitaire".

La filière de la viande de cheval a déjà été durement touchée par les révélations, début 2013, selon lesquelles une entreprise du sud de la France, Spanghero, vendait de la viande de cheval en la faisant passer pour du boeuf. La viande avait ensuite servi à la préparation de millions de plats cuisinés pour de grandes marques ou la grande distribution.

Le scandale européen, parti en février de Grande-Bretagne et d'Irlande, avait mis en exergue certains agissements de l'industrie agroalimentaire et l'opacité de ses circuits d'approvisionnement.

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