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17/12/2013 06:25 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Parizeau et les finances publiques : il faut enlever nos « lunettes roses », selon la CAQ

Les déclarations de l'ancien premier ministre Jacques Parizeau sur l'état des finances publiques du Québec ont suscité plusieurs réactions dans les milieux politique et économique, mardi.

Dans une entrevue avec Gérald Fillion, à RDI économie, M. Parizeau dit qu'il faut cesser de se faire peur, puisque le Québec ne vit pas une situation pire que les autres provinces sur les plans de la gestion de la dette, de la démographie et des coûts de santé.

Le député Christian Dubé, porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de finances, a réagi en disant qu'« il faut enlever nos lunettes roses un petit peu ».

« Je pense que M. Parizeau a raison sur certains points, quand il parle de la croissance des revenus et de l'innovation. Il faut mettre l'accent sur les revenus », dit-il.

« Mais sur les dépenses et le déficit, on est le plus mauvais élève de la classe. En termes de gestion de la dette, on a la dette la plus élevée. Les agences de crédit viennent de nous donner, avec Fitch, un avertissement dont il faudra tenir compte », selon M. Dubé.

« Parce que si on continue à dépenser comme ça, ce sont les autres agences qui vont venir, c'est malheureux, et à ce moment-là, ça aura un impact sur nos taux d'intérêt et il faudra couper dans les services. Il ne faut pas attendre, il faut le faire rapidement », ajoute-t-il.

Par ailleurs, Christian Dubé juge que les estimations de M. Parizeau sur la hausse des dépenses de santé sont irréalistes. L'ancien premier ministre calculait que ces dépenses devraient croître de 3 % à 3,5 % par année, et que les dépenses de programmes dans leur ensemble augmenteraient de 2 %.

« Les chiffres du gouvernement du Québec montrent une croissance de 5 % en santé, pas 3 %. C'est énorme. Et la santé, c'est 45 % du budget du Québec. Alors, je suis très inquiet quand on dit qu'on va ramener l'ensemble des dépenses du gouvernement à 2 % quand on a 5 % en santé », affirme-t-il.

De son côté, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, n'était pas disponible pour commenter les propos de Jacques Parizeau.

Quant au Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO), qui a fait l'étude sur les coûts de santé mentionnée dans l'entrevue avec Jacques Parizeau, les auteurs écrivent : « Toutes les projections qu'on retrouve dans notre étude sont en dollars constants de 2013 [ajustés en tenant compte de l'inflation] ».

« M. Parizeau croit apparemment qu'il s'agit de dollars nominaux [non ajustés]. Il s'agit d'une confusion importante. Les revenus réels de l'État [qui tiennent compte de l'inflation] augmenteront à peine de 1 % par année au cours des 17 prochaines années. Les dépenses réelles en santé croîtront à près de 4 % », disent-ils.

Jacques Parizeau estimait que la hausse des revenus de l'État, en dollars nominaux, est généralement, sauf en 2013, de 3 à 3,5 %.

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