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17/12/2013 10:33 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Mort de Fredy Villanueva: le policier Jean-Loup Lapointe est éclaboussé

PC

Le jugement du policier Jean-Loup Lapointe est mis à mal dans le rapport d'enquête du coroner André Perreault sur la mort de Fredy Villanueva, estime Rémi Boivin, de l'École de criminologie de l'Université de Montréal.

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Le coroner souligne que la résistance offerte par le frère de la victime, Dany Villanueva, lors de l'intervention policière a certainement joué un rôle dans le drame du 9 août 2008, note-t-il, mais le jugement du policier du SPVM qui l'a abattu est également mis en doute.

Le coroner croit que l'agent Lapointe « a eu effectivement peur au niveau de l'intervention, mais que ce n'était pas à cause du désarmement », résume M. Boivin. « Il semble y avoir [...] une perception erronée de M. Lapointe, qui s'est senti menacé ou qu'il y ait eu une menace sérieuse à sa vie ».

« Le coroner semble dire que ce n'est pas évident, que les témoins de la scène n'en ont pas eu conscience, que sa partenaire, Mme Pilotte, n'en a pas eu conscience non plus. Donc, il y a une certaine part du jugement de M. Lapointe qui est remis en cause. »

Le criminologue note que le coroner a de bons mots au contraire pour Stéphanie Pilotte. « Le coroner la félicite presque. Il dit que si tout le monde avait réagi comme Mme Pilotte lors de l'intervention, M. Villanueva ne serait pas décédé », note-t-il.

Une responsabilité partagée, dit un autre criminologue

François Bérard, un criminologue qui dirige une maison de transition à Montréal-Nord, souligne pour sa part que le rapport  est « nuancé » et « factuel ». Les termes employés par le coroner ans son rapport, dit-il, permettent de conclure à une « responsabilité partagée ».

Il accueille favorablement l'idée de former les jeunes afin qu'ils réagissent mieux lors d'une intervention policière. « Je pense que ça pourrait être une bonne chose, dans un contexte où, dans le quartier par exemple où est survenu l'évènement, et également l'émeute, il y avait chez plusieurs jeunes une forme d'irrespect à l'égard du travail policier. »

« Faut dire que c'était pas toujours évident non plus à cette époque là comment certains policiers intervenaient », ajoute-t-il du même souffle, en précisant que la situation s'est améliorée depuis le drame. « Les policiers ont fait beaucoup d'efforts depuis cinq ans pour modifier leur manière d'intervenir », souligne-t-il. « La façon dont les policiers entrevoient ce quartier-là est assez différente. »

Le criminologue note par ailleurs que l'idée d'améliorer les interventions des policiers auprès des communautés culturelles « a déjà en partie été fait », mais qu'il faut continuer de s'y pencher. « C'est un travail de longue haleine, parce que dans la façon d'intervenir auprès des minorités ehtnoculturelles, il y a des sensibilités, et de faire en sorte que les policiers soient à l'écoute et prêt à prendre en considération ces sensibilités, ça peut prendre peut-être un certain laps de temps. »

La méfiance à l'égard des forces de l'ordre « existe encore chez certains jeunes », observe-t-il néanmoins. 

De multiples réactions au rapport d'enquête du coroner Perreault sont attendues d'ici la fin de la journée.

Le Service de police de la Ville de Montréal et la Fraternité des policiers et policières de Montréal doivent notamment commenter les conclusions d'enquête.

La famille Villanueva et l'avocat qui l'a représentée lors de l'enquête du coroner doivent également réagir au cours de la journée.