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17/12/2013 11:34 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

L'Irlande dévoile un programme pour la croissance et l'emploi

A peine sortie du plan d'aide international, l'Irlande a dévoilé mardi un plan pour la croissance et l'emploi destiné à ne pas répéter "les erreurs du passé", mais qui contient peu de mesures concrètes.

Cette "stratégie pour la croissance" à l'horizon 2020 est une "feuille de route pour l'économie irlandaise" qui doit générer des "certitudes pour le peuple irlandais et pour les investisseurs", et s'assurer que "les erreurs du passé ne seront jamais répétées", a déclaré le Premier ministre Enda Kenny en présentant son plan devant la presse à Dublin.

Dimanche, le dirigeant centriste avait estimé que ce plan économique devait "garantir que jamais plus la stabilité de l'Irlande ne soit menacée par la spéculation et l'avidité". "Nous ne renouerons jamais avec cette culture", avait-il insisté à l'occasion de la sortie officielle du plan d'aide international.

Affichant l'emploi comme priorité, M. Kenny a affirmé mardi que "les 330.000 emplois perdus pendant la crise économique entre 2008 et 2011 seraient remplacés par de nouveaux emplois" afin d'atteindre "de nouveau le plein emploi en Irlande".

Concrètement, le gouvernement promet de mieux accompagner individuellement les chômeurs, avec une formation adaptée mais également un système de protection sociale qui encourage le retour à l'emploi.

Si le pays a renoué avec la croissance, celle-ci reste toutefois en dents de scie, tandis que la demande des ménages reste déprimée et que le chômage est encore élevé, à 12,5% en novembre, malgré une amélioration progressive. Il ne devrait repasser sous la barre des 10% qu'en 2018, selon les prévisions du gouvernement publiées mardi.

En terme de croissance, le gouvernement a confirmé qu'il tablait pour 2014 sur une croissance de 2% après seulement 0,2% prévu cette année. A la fin du plan en 2020, il juge que le pays retrouvera son potentiel de croissance de 3-3,5%.

Le déficit, qui devrait s'inscrire à 7,3% cette année, devrait revenir dans les clous européens en atteignant 3% en 2015 et être éliminé en 2018. La dette, attendue à 124% en 2013, devrait passer quant à elle sous la barre des 100% en 2019.

Selon les économistes de la maison de courtage irlandaise Davy, "la nouvelle stratégie économique à moyen terme d'aujourd'hui contient peu de substance".

"Peut-être la signification de ces annonces est-elle de renforcer l'engagement du gouvernement en faveur d'une politique budgétaire responsable, sachant qu'un relèvement de la note (de l'Irlande) par Moody's est possible dans un avenir proche", écrivent-ils dans une note.

La confédération patronale IBEC a aussi estimé que le plan "manquait de détails sur ce que le gouvernement va faire pour encourager la croissance et engager les réformes nécessaires".

L'explosion de la bulle immobilière puis le sauvetage de ses banques avaient fait exploser le déficit public irlandais et l'ex-"tigre celtique" avait été contraint fin 2010 d'appeler à la rescousse ses partenaires européens et le Fonds monétaire international (FMI).

Le pays avait alors obtenu un plan de sauvetage sur trois ans de 85 milliards d'euros en échange de la mise en oeuvre d'une austérité draconienne.

L'Irlande est devenue dimanche le premier pays de la zone euro sous assistance financière à s'affranchir de l'aide de ses partenaires et à retrouver son indépendance économique et financière.

Le gouvernement a choisi une sortie du plan d'aide sans filet, renonçant à demander à ses partenaires internationaux une ligne de crédit de précaution, qui aurait pu servir d'amortisseur en cas de coup dur.

Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, avait toutefois mis en garde en début de semaine sur les "inquiétudes" que suscite encore le système bancaire irlandais.

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