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17/12/2013 03:30 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Les Tunisiens soulignent le troisième anniversaire du début du soulèvement

TUNIS, Tunisie - La police tunisienne a renforcé ses mesures de sécurité, mardi, tandis que des manifestants de toutes les allégeances politiques étaient rassemblés pour accuser le gouvernement d'avoir trahi la révolution de 2010-2011 dans le pays.

Des manifestations ont été organisées dans deux villes tunisiennes pour souligner les trois années passées depuis qu'un jeune vendeur itinérant s'est immolé par le feu pour dénoncer le chômage et le harcèlement de la police, déclenchant un soulèvement populaire qui a mené au renversement du dictateur Zine el-Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011, puis aux autres révolutions dans le monde arabe.

Même si les Tunisiens ont plus de liberté qu'avant, le chemin vers la démocratie reste parsemé d'embûches, sans compter les menaces terroristes et la hausse du taux de chômage.

Les manifestations, qui se sont déroulées dans la capitale et dans la ville de Sidi Bouzid, où le jeune vendeur itinérant s'est immolé, étaient tendues, mais aucune violence n'a été rapportée.

Le mouvement extrémiste Ansar al-Charia, qui a des liens avec Al-Qaïda et qui aurait organisé l'attaque contre l'ambassade des États-Unis l'an dernier, faisait partie des organisateurs de la manifestation devant la siège du gouvernement sur la place de la Casbah, dans le centre de Tunis.

La police s'est déployée sur les principales intersections de la ville et vérifiait les véhicules qui se dirigeaient vers le centre-ville.

Des manifestants ont dénoncé les médias et ceux qu'ils ont qualifiés de «contre-révolutionnaires».

L'immolation de Mohamed Bouazizi le 17 décembre 2010 a déclenché une éruption de colère populaire refoulée contre la corruption et la répression en Tunisie. Le soulèvement tunisien a ensuite donné naissance au Printemps arabe, qui a mené à la chute des régimes dictatoriaux en Égypte et en Libye et qui a ébranlé d'autres pays arabes.

Les rassemblements de mardi montrent que le mécontentement perdure parmi la population tunisienne. Les dirigeants du pays ne se sont pas rendus à Sidi Bouzid pour des raisons de sécurité, après la commémoration de l'an dernier lors de laquelle des manifestants ont lancé des tomates aux responsables politiques.

«Loin de s'améliorer, les conditions de vie de la population se détériorent, et les trois gouvernements qui se sont succédés n'ont rien fait pour changer les choses», a dénoncé un manifestant, Youssef Jelili.

Ces manifestations surviennent quelques jours après la nomination d'un premier ministre pour remplacer l'actuel gouvernement islamiste par une équipe de technocrates. Mehdi Jomaa, un indépendant âgé de 50 ans, a été choisi après des semaines de débat entre 21 partis pour sortir la Tunisie de l'impasse politique provoquée par le meurtre de leaders de l'opposition.

M. Jomaa a trois semaines pour former son gouvernement, qui sera chargé de préparer les élections présidentielle et législatives de l'an prochain. Aucune date n'a encore été fixée pour les élections.

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