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17/12/2013 10:13 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Les autorités japonaises vont porter plainte contre Novartis pour manipulation de données (presse)

Le ministère japonais de la Santé va porter plainte contre la filiale nippone du géant pharmaceutique suisse Novartis qu'il accuse d'avoir manipulé des données médicales, a affirmé mercredi un quotidien japonais.

La société Novartis Pharma fait l'objet d'enquêtes depuis que deux universités japonaises ont révélé il y a plusieurs mois suspecter des maquillages d'informations visant à exagérer l'efficacité d'un médicament utilisé notamment contre l'hypertension, le Diovan (ou Valsartan).

Un salarié de Novartis, qui a quitté l'entreprise depuis, avait participé à des études universitaires concernant ce médicament, en cachant son affiliation. Il aurait arrangé les statistiques, un incident que le ministre de la Santé, Norihisa Tamura, a jugé "extrêmement regrettable".

Son ministère a décidé de porter plainte contre la filiale japonaise et contre plusieurs personnes impliquées, a écrit le journal Yomiuri Shimbun.

Interrogé par l'AFP, un responsable du ministère a expliqué que le dépôt d'une plainte constituait "une option". "Rien n'a été décidé pour l'instant", a-t-il affirmé toutefois.

En vertu de la loi japonaise, une personne reconnue coupable d'avoir exagéré les vertus d'un médicament encourt une peine de deux ans de prison et 2 millions de yens d'amende (14.000 euros).

En septembre, un panel d'experts du ministère a estimé que la société Novartis Pharma devait être tenue pour responsable de ces études en partie mensongères réalisées par différents laboratoires universitaires.

L'Ecole de médecine de l'université Jikei et l'Université de Kyoto ont indiqué que des résultats cliniques concernant ce médicament, réalisés sous leur égide avec la participation du chercheur alors affilié à Novartis, avaient été faussés pour affirmer qu'il était non seulement efficace contre l'hypertension artérielle mais aussi contre les angines de poitrine et attaques cérébrales.

Novartis Pharma avait utilisé ces résultats pour promouvoir ce médicament, commercialisé sous le nom de Diovan au Japon où il génère quelque 700 millions d'euros de revenus annuels. Ce produit est proposé au total dans plus d'une centaine de pays dans le monde.

Le chef de la division médicaments du géant suisse, David Epstein, est venu en septembre au Japon pour promettre la pleine coopération de son groupe dans les enquêtes. Mais il a souligné que son entreprise n'avait pas manipulé les données.

Son ex-salarié et les autres chercheurs associés aux travaux d'évaluation démentent pour leur part tout trucage des résultats.

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