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17/12/2013 08:44 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

La situation demeure tendue au Soudan du Sud

KAMPALA, Ouganda - Des échanges sporadiques de coups de feu étaient toujours entendus mardi à Juba, la capitale du Soudan du Sud, alors que l'armée pourchassait des mutins soupçonnés d'avoir voulu renverser le gouvernement, a indiqué le ministre des Affaires étrangères.

Barnaba Marial Benjamin a expliqué à l'Associated Press que l'armée a arrêté cinq leaders politiques qui seraient impliqués dans la tentative de coup d'État et que plusieurs autres sont recherchés. Au premier rang de ceux-ci se trouve l'ancien vice-président Riek Machar, qui se terrerait après avoir été identifié par le président Salva Kiir comme le préféré des mutins qui ont tenté de s'emparer du pouvoir plus tôt cette semaine.

«(Les soldats) continuent à en chercher d'autres (...) qui sont soupçonnés d'être derrière le coup», a dit M. Benjamin.

M. Machar, a-t-il ajouté, «est recherché par le gouvernement». L'ambassade américaine à Juba et la Mission des Nations unies au Soudan du Sud ont nié héberger M. Machar.

Au moins 26 personnes, en majorité des soldats, auraient été tuées depuis que la crise a éclaté il y a quelques jours, selon le ministère de la Santé. D'autres groupes évoquent plutôt un bilan de plusieurs centaines de morts.

Quelque 13 000 personnes auraient aussi trouvé refuge auprès de l'ONU pour échapper aux affrontements.

La traque de M. Machar, un des politiciens les plus populaires du pays et un héros de la brutale guerre d'indépendance face au Soudan, menace de plonger le Soudan du Sud dans un chaos politique encore plus profond, après des mois de querelles entre M. Kiir et son ancien bras droit.

La communauté internationale demande aux leaders du Soudan du Sud de faire preuve de retenue, par crainte de voir les gestes de l'armée provoquer de nouvelles violences ethniques.

La représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour le Soudan du Sud, Hilde Johnson, a lancé une mise en garde face aux discours haineux qui pourraient inciter à la violence contre certains groupes ethniques.

«À un moment où l'unité des Sud-Soudanais est plus nécessaire que jamais, je fais appel aux leaders de ce nouveau pays et à toutes les factions politiques pour éviter tout geste qui alimenterait les tensions ethniques et stimulerait la violence», a-t-elle dit par voie de communiqué.

M. Kiir a viré M. Machar de son poste de vice-président en juillet. M. Machar, le leader adjoint du Mouvement de libération du peuple soudanais, a annoncé son intention de briguer la présidence en 2015 et a ouvertement critiqué M. Kiir, déclarant que le pays ne saurait tolérer une dictature ou le règne d'un seul homme en chemin vers l'unité.

M. Kiir est un membre de la tribu Dinka, qui est majoritaire au Soudan du Sud, tandis que M. Machar est issu de la tribu Nuer.

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