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17/12/2013 12:41 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

GB: les meurtriers présumés du soldat Rigby "indéfendables", selon le procureur

Les meurtriers présumés du soldat britannique Lee Rigby, tué et quasi décapité à Londres en mai, sont "indéfendables" selon les lois de la Grande-Bretagne, a déclaré le procureur en rendant ses conclusions devant un tribunal mardi.

"Ce que ces deux hommes ont commis, écraser Lee Rigby avec leur voiture pour lui briser le dos et ensuite le tuer, est indéfendable selon les lois de ce pays", a conclu le procureur Richard Whittam en désignant les accusés, Michael Adebolajo et Michael Adebowale.

Les deux Britanniques convertis à l'islam, qui plaident non coupable, sont accusés d'avoir renversé leur victime en voiture, de l'avoir lardé de coups de couteau et presque décapité avec un hachoir, en plein jour dans une rue de Londres.

Pendant le procès, Michael Adebolajo, 29 ans, a justifié ses actes par le fait qu'il était un "soldat d'Allah en guerre contre la Grande-Bretagne", le deuxième accusé ayant fait le choix de ne pas s'exprimer devant le tribunal.

"Tuer pour asseoir un point de vue politique, pour faire peur aux gens, pour faire pression sur un gouvernement ou parce qu'on est en colère reste un meurtre, que le gouvernement en question soit bon, mauvais ou terrible", a ajouté le procureur mardi devant le tribunal Old Bailey à Londres.

Adebolajo avait fustigé les "dirigeants" britanniques, qu'il avait qualifiés de "diaboliques, corrompus, égoïstes et oppressifs". Depuis le début du procès, il a insisté sur le fait qu'il était "en mission" et qu'il visait expressément un soldat.

Il s'est montré poli et coopératif avec la police, qu'il est allé jusqu'à remercier à plusieurs reprises, et a présenté ses excuses aux témoins de la scène.

Son avocat, David Gottlieb, a dit mardi que son client était "le terroriste le plus respectueux de la loi que ce pays ait jamais connu", au point de payer son ticket de parking le jour du meurtre présumé du soldat Rigby.

L'avocat a estimé que "trahison, terrorisme ou même homicide" auraient été des chefs d'inculpation plus appropriés que celui de meurtre, qu'il a qualifié d'"absurde".

"Une personne, un être humain, peut commettre l'acte le plus maléfique du monde sans être maléfique lui-même", a-t-il ajouté, déclarant que son client a pu être motivé par une "idée noble" et qu'il s'en est pris à un "symbole de l'Etat".

Me Gottlieb a dit aux jurés qu'ils avaient "vraiment le choix" d'acquitter son client, même s'ils vont subir la pression "de l'extérieur, du public, du monde, réclamant une condamnation".

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