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17/12/2013 09:32 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Cybersécurité : Londres va renforcer la surveillance du chinois Huawei

Le gouvernement britannique a décidé de "renforcer" la surveillance du géant chinois Huawei en donnant notamment un "rôle de premier plan" au GCHQ, les services britanniques de surveillance, dans les nominations des responsables du centre d'évaluation du groupe.

La commission parlementaire sur le renseignement et la sécurité avait appelé en juin dernier le gouvernement à agir davantage contre les risques représentés par l'accord, vieux de dix ans, unissant Huawei à British Telecom (BT), qui gère l'essentiel des réseaux de télécommunications britanniques.

En réponse, le gouvernement avait annoncé à la mi-juillet qu'il allait réexaminer la protection de ses réseaux de télécommunications, de crainte que la présence du géant chinois associé à BT sur le marché britannique ne génère des risques pour la sécurité.

Ce réexamen est désormais terminé, annonce mardi dans un communiqué le gouvernement britannique.

"La principale conclusion du gouvernement, qui reflète les discussions menées avec le président de l'ISC (la commission parlementaire sur le renseignement et la sécurité: NDLR), est que la surveillance du centre d'évaluation de cybersécurité de Huawei (HCSEC) doit être renforcée et que le GCHQ doit jouer un rôle de premier plan dans les futures nominations des responsables de ce centre", ajoute le gouvernement.

Huawei a accepté en 2010 d'investir dans un centre d'évaluation de cybersécurité connu sous le nom de "The Cell" et qui est destiné à tester les éventuelles vulnérabilités des mises à jour du matériel et des logiciels avant qu'ils ne soient déployés.

Néanmoins, la commission parlementaire s'était inquiétée du fait que ce centre est financé par l'entreprise et géré par des employés du groupe.

Le géant chinois a "salué" l'annonce du gouvernement britannique.

"Huawei partage le même objectif que le gouvernement britannique et que ses clients, d'élever le niveau de la cybersécurité au Royaume-Uni et de s'assurer que la technologie des réseaux de télécommunications bénéficie aux consommateurs", a indiqué le groupe dans un communiqué.

Fondé par un ancien ingénieur de l'armée chinoise, Huawei s'est retrouvé au centre de controverses entre Pékin et Washington sur la sécurité informatique de ses équipements, en raison de ses liens supposés avec l'Etat chinois.

Le congrès américain a demandé l'an dernier que le groupe soit exclu des contrats publics, estimant que ses équipements pouvaient être utilisés à des fins d'espionnage par la Chine.

Huawei a démenti ces affirmations, jugeant qu'elles relevaient du protectionnisme.

En 2012, les autorités australiennes ont interdit à Huawei de déposer une offre pour le programme national d'internet à haut débit, craignant des risques d'attaques informatiques.

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