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17/12/2013 11:03 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Centrafrique: les massacres à Bangui montrent les limites des renseignements français

Les services de renseignement français n'ont pas été en mesure de prévenir le coup de force du 5 décembre contre le pouvoir centrafricain, qui a déclenché des massacres à Bangui aux premières heures de l'intervention militaire française, selon un responsable français.

"On avait des indices que quelque chose se préparait, mais on ne savait pas quoi, ni quand", a révélé ce proche du dossier, sous couvert de l'anonymat.

Selon la même source, "dans la nuit du 4 au 5 décembre, plusieurs centaines d'hommes ont attaqué des lieux de cantonnement de la Séléka" dans la capitale.

Il s'agissait alors d'une attaque organisée des groupes armés anti-balakas (anti-machettes en langue locale sango), constitués de chrétiens, contre les positions de la Séléka, des miliciens musulmans qui ont pris le pouvoir en mars.

Certains de ces combattants anti-balakas étaient venus du Congo et disposaient d'armes neuves, alors que cette milice est habituellement dotée d'un armement rudimentaire, a précisé ce responsable français. D'abord surpris, les hommes de la Séléka "se sont ressaisis et ont déclenché les massacres", qui ont fait plusieurs centaines de morts les jours suivants, a-t-il poursuivi.

Le président François Hollande a lancé le 5 décembre au soir l'opération militaire française pour mettre fin aux massacres en Centrafrique et tenter de stabiliser le pays.

"L'affaire du 5 décembre" témoigne des difficultés rencontrées par les services de renseignement et les forces françaises en République centrafricaine. Difficultés pour s'y reconnaître parmi les différentes milices et groupes armés qui opèrent dans le pays. Mais aussi en raison de la complexité du milieu, notamment à Bangui, ville de plus d'un million d'habitants.

La Centrafrique est en proie au chaos depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une rébellion hétéroclite, la Séléka.

L'opération Sangaris vise à désarmer ou cantonner les groupes armés et milices sévissant dans le pays. Dans les faits, elle concerne surtout pour le moment les ex-rebelles de la Séléka, coalition hétéroclite à dominante musulmane de groupes rebelles. Des mercenaires tchadiens et soudanais combattent aussi en son sein.

En face, sont apparues depuis septembre, plus particulièrement dans le nord-ouest du pays, des milices villageoises d'auto-défense, appelées "anti-balaka", principalement composées de paysans chrétiens et de partisans de l'ancien président Bozizé, avec quelques anciens membres des forces de sécurité.

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