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17/12/2013 01:18 EST | Actualisé 16/02/2014 05:12 EST

Berlin juge insuffisante l'aide proposée par l'UE à l'Ukraine

Le nouveau ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a estimé que l'aide financière proposée par l'Union européenne à l'Ukraine pour la rapprocher de l'Europe avait été insuffisante, dans son discours de prise de fonction mardi à Berlin.

Questionnant la politique européenne envers l'Ukraine, il a annoncé un déplacement en Pologne jeudi "pour réfléchir à ce qui peut être fait en commun pour lever le blocage politique à Kiev", selon un texte diffusé par son ministère.

"Je suis sûr d'une seule chose, c'est que nous avons présenté une proposition d'aide financière et économique, loin de ce qui est nécessaire pour sauver l'Ukraine de la faillite et l'associer économiquement durablement à l'Europe", a déclaré M. Steinmeier.

Sa déclaration intervenait au moment où le président russe Vladimir Poutine annonçait qu'il accordait 15 milliards de dollars à l'Ukraine et baissait le prix du gaz que la Russie lui vend, lors d'une visite du président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, au Kremlin.

"La façon dont la politique russe a exploité la situation d'urgence économique de l'Ukraine est révoltante. Et toute aussi révoltante a été l'action violente des forces de l'ordre ukrainiennes contre les manifestants pacifiques" sur la place de l'Indépendance, a-t-il dit.

Mais, a-t-il ajouté: "nous (les Européens) devons nous demander si nous n'avons pas sous-estimé à quel point ce pays (l'Ukraine) est faible et divisé; si nous n'avons pas vu que ce pays est dépassé quand il doit choisir entre l'Europe et la Russie; si nous n'avons pas sous-estimé la détermination de la Russie, qui est liée de façon étroite à l'Ukraine économiquement, mais aussi de façon émotionnelle par l'histoire".

Le président ukrainien a plaidé pour un "partenariat stratégique" avec la Russie, plus à même selon lui de faire sortir l'Ukraine de la crise que la signature de l'accord d'association avec l'UE -- en préparation depuis 3 ans--, très mal vu par Moscou.

Son refus fin novembre de signer cet accord historique a poussé des centaines de milliers de personnes à descendre dans la rue et a plongé le pays dans une crise politique inédite depuis la Révolution orange pro-occidentale de 2004.

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