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16/12/2013 08:10 EST | Actualisé 15/02/2014 05:12 EST

Libre-échange avec l'Europe : Marois défend les fromagers québécois

La première ministre du Québec entame à Bruxelles, lundi, la troisième étape de sa tournée économique et diplomatique en Europe. Pauline Marois consacrera cette journée à des discussions portant sur l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Europe.

Mme Marois ne s'oppose pas à cet accord, mais souhaite l'instauration de mesures d'aide aux producteurs de fromage de la province.

« Je me suis engagée auprès de M. Harper à présenter l'accord devant l'Assemblée nationale une fois qu'Ottawa aura eu une entente avec nos producteurs de fromage pour une compensation. Tant que nous n'aurons pas cette entente, je ne présenterai pas l'accord et il ne sera pas applicable », a-t-elle affirmé devant quelque 150 représentants des milieux d'affaires, réunis par la Chambre de commerce Canada-Belgique-Luxembourg.

Rappelons qu'en vertu de cet accord, le Canada a consenti que soit doublé le quota sur les fromages de l'Union européenne exportés vers le Canada en échange d'un accès accru au marché européen pour les producteurs canadiens de boeuf et de porc.

L'Union des producteurs agricoles (UPA) et la Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ) dénoncent cet accord. Comme l'explique le président de l'UPA, Marcel Groleau, l'Europe appuie ses producteurs laitiers à l'aide de subventions, qui représentent, selon lui, plus de 60 % du revenu de ces producteurs.

Par conséquent, l'UPA plaide pour l'établissement d'un soutien financier pour les fromagers québécois. Le gouvernement du Québec estime, lui aussi, que cette entente éventuelle devra prévoir des compensations pour les producteurs de fromages québécois.

L'accord de libre-échange entre le Canada et l'UE a été conclu cet automne, et il doit entrer en vigueur d'ici 18 à 24 mois. Les tenants et les aboutissants de cet accord demeurent inconnus. 

Le gouvernement canadien a promis de se pencher sur le sort des producteurs de fromages, mais n'a pas précisé en quoi consistera l'aide qui pourrait leur être apportée. Au début de novembre, le ministre d'État aux Petites Entreprises du Canada, Maxime Bernier, s'était fait rassurant à l'égard des fromagers québécois, affirmant que ces derniers sauraient tirer leur épingle du jeu.

« Le mouvement souverainiste n'est pas protectionniste », affirme Pauline Marois aux Européens

Dimanche, à Monaco, la première ministre Marois avait expliqué devant une assemblée de politiciens, d'ambassadeurs et d'universitaires que le mouvement souverainiste n'était pas protectionniste mais, au contraire, libre-échangiste. À la question d'un participant qui demandait à Mme Marois pourquoi elle voulait « détruire le Canada », la première ministre a répondu que le gouvernement du parti québécois ne voulait pas détruire mais « assumer [ses] responsabilités ».

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