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16/12/2013 05:15 EST | Actualisé 15/02/2014 05:12 EST

Les ministres UE de la pêche entament leur marchandage sur les quotas 2014

Les ministres de la pêche de l'UE ont entamé lundi leur marchandage annuel sur les quotas de capture, qui s'annonce serré pour préserver les intérêts du secteur face aux impératifs de protection des stocks avancés par la Commission européenne.

Les négociations "vont être très difficiles", et risquent de se poursuivre jusqu'à très tard dans la nuit de mardi à mercredi, terme prévu de la réunion ministérielle, a prévenu à son arrivée à Bruxelles le ministre irlandais, Simon Coveney.

"La question est d'obtenir un équilibre (...) d'être responsables à la fois envers les stocks de poissons et les communautés de pêcheurs", a-t-il avancé, relevant que la Commission européenne avait proposé des "réductions drastiques" des quotas de pêche.

Arguant des engagements de la nouvelle politique commune de la pêche visant à garantir la perpétuation des stocks de poissons -- dès 2015 là où les données scientifiques sont suffisantes-- la Commission européenne préconise notamment des baisses respectives de 33% et 75% pour les captures de cabillaud et d'églefin dans l'Atlantique et la Mer du nord.

Elle plaide aussi pour une réduction de la capture des soles communes de 37% à 45% en mer d'Irlande, ce qui devrait conduire les ministres français et espagnol à se lancer dans une "bataille de la sole" pour préserver les intérêts de leurs pêcheurs, selon une source européenne.

Pour Maria Damanaki, commissaire à la Pêche, cette retenue s'impose, car les stocks de cabillaud de la mer d'Irlande et du Kattegat (entre le Danemark et la Suède) "continuent d'être dans un état déplorable", tandis que "la sole de la mer d'Irlande se situe à des niveaux extrêmement bas". Pire, "les stocks de cabillaud et de merlan de l'ouest de l'Écosse sont menacés d'épuisement", avait-elle mis en garde en octobre.

Pour la trentaine de stocks sur lesquels les scientifiques ne disposent pas d'assez de données, la Commission recommande des variations de plus ou moins 20% par rapport à l'année dernière, selon les tendances observées.

Pour ces stocks peu connus, l'UE a renvoyé à 2020 la garantie d'une gestion durable, une échéance que les grands pays pêcheurs, Espagne et France en tête, ne souhaitent pas anticiper.

La nouvelle politique commune de la pêche a été réformée au forceps au printemps pour mieux garantir la survie des poissons et pêcheurs en luttant contre la surpêche.

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