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15/12/2013 12:59 EST | Actualisé 14/02/2014 05:12 EST

Ursula von der Leyen, mère de sept enfants et ministre allemande de la Défense

Ursula von der Leyen, première femme ministre de la Défense en Allemagne dans le troisième gouvernement Merkel, jouit d'une forte popularité, ancrée dans une image savamment entretenue de femme de conviction et de mère épanouie de sept enfants.

A 55 ans, Ursula von der Leyen, médecin de formation, chevelure blonde impeccablement coiffée, sourire facile, taille de guêpe malgré sa nombreuse progéniture et ministre de l'Emploi du gouvernement sortant, est devenue "absolument incontournable" pour la chancelière, écrivait récemment Focus.

Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, avare en compliments, l'avait qualifiée en mars de "chance pour le parti conservateur et pour le pays". "Il n'y en a pas beaucoup comme elle dans la politique allemande", avait ajouté ce vétéran conservateur.

Mme von der Leyen, médecin de formation, a décliné le portefeuille de la Santé, jugé insuffisamment exposé et donc inadapté à son ambition.

"Elle a appris à ne pas s'emparer de thèmes qui ne font pas grimper sa cote de popularité", relevait récemment le quotidien Süddeutsche Zeitung à son sujet.

Une fois en poste, elle défend son point de vue avec ténacité, qu'elle arrive à ses fins ou non, ce qui lui attire beaucoup de sympathies, notamment chez les femmes, et pas seulement à droite.

C'est donc à la tête de l'armée allemande, la Bundeswehr, forte de 185.000 soldats et de 70.000 employés civils, qu'elle continuera de siéger au conseil des ministres.

Si la France ou l'Espagne ont déjà nommé des femmes à ce poste, c'est une première pour l'Allemagne. Elle y aura bien besoin de l'aplomb dont elle a fait preuve en n'hésitant pas à s'opposer à son propre camp sur certains dossiers, comme les retraites complémentaires et les quotas de femmes au sein de la direction des grandes entreprises - une mesure rejetée cette année par les députés conservateurs mais pour laquelle elle a été à deux doigts de voter avec l'opposition.

"Femme délicate à l'attitude combative et à la rhétorique brillante", écrit Focus, elle est toujours bien placée dans les sondages. Hormis la chancelière, elle arrivait deuxième des ministres que les Allemands souhaitaient voir reconduits avec 63%, devancée seulement pas Wolfgang Schäuble (73%) aux Finances.

Ursula von der Leyen, "a tout pour succéder à Angela Merkel", relève pour l'AFP la journaliste et écrivain Bascha Mika. Certains lui prêtent en effet cette ambition.

"Röschen" (petite rose), son surnom en famille, est la fille d'un baron de la politique régionale, longtemps chef du gouvernement du Land (Etat régional) de Basse-Saxe. Elle est venue tardivement à la politique mais y a fait une carrière spectaculaire, catapultée dès ses débuts aux fonctiosn de ministre régionale de la Famille.

Peu de temps après, elle a pris ce poste au niveau fédéral, dans le premier gouvernement Merkel en 2005. Sa famille nombreuse, une rareté en Allemagne, la nimbait d'une compétence indiscutable en la matière.

"Ses enfants sont son atout. Et sa plus grande faiblesse", juge le Süddeutsche Zeitung. La ministre a été critiquée pour avoir instrumentalisé son clan à coups de photos de famille et de reportages savamment distillés dans la presse allemande.

Dans une Allemagne où être mère et travailler reste un exercice d'équilibriste, Ursula von der Leyen est un appât pour attirer dans les filets conservateurs les femmes jeunes et éduquées des grandes villes que le parti CDU d'Angela Merkel ne compte traditionnellement pas dans son électorat.

Pour beaucoup, Ursula von der Leyen est "trop" : "trop d'enfants, trop de succès, trop d'avis sur tout, trop de discipline, trop de sourires", relevait Die Zeit en 2006.

Mais les Allemands, et surtout les Allemandes, savent ce qu'ils lui doivent : le salaire parental pendant 14 mois, c'est elle. Et la garantie d'une place en crèche pour les moins de trois ans, entrée en vigueur au 1er août, c'est elle aussi.

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