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15/12/2013 12:48 EST | Actualisé 14/02/2014 05:12 EST

Présidentielle au Chili: Michelle Bachelet gagne facilement le second tour

SANTIAGO, Chili - L'ancienne — et future — présidente du Chili Michelle Bachelet a facilement remporté le second tour de l'élection présidentielle, dimanche, après avoir promis des profonds changements au sein de la société en réponse à des années de manifestations.

Mme Bachelet a récolté 62 pour cent des votes exprimés, contre 37 pour cent pour son adversaire de centre-droite Evelyn Matthei, dont la performance est la pire par un candidat de la droite en deux décennies.

Mme Bachelet aura besoin de l'élan que devrait lui procurer cette éclatante victoire pour solidifier son mandat et tenter de surmonter l'opposition au congrès afin de réaliser ses promesses.

Âgée de 62 ans, Mme Bachelet a quitté le pouvoir, après son règne qui s'est étendu de 2006 à 2010, avec un taux d'approbation de 84 pour cent, malgré son incapacité à mettre en place quelque changement majeur que ce soit. Cette fois, les militants s'engagent à lui faire tenir ses promesses d'augmenter l'imposition des sociétés pour aider à financer une réforme de la santé et même changer la constitution remontant à l'ère de la dictature, un objectif difficile en raison de l'opposition au Congrès.

«Les conditions sociales et politiques sont en place et, enfin, le moment est arrivé», a lancé Mme Bachelet à un auditoire de plus de 10 000 partisans en liesse réunis pour entendre son discours de la victoire.

«Si je suis ici, c'est parce que nous croyons qu'un Chili pour tout le monde est nécessaire. Ça ne sera pas facile, mais quand est-ce qu'il a été facile de changer le monde?»

Plusieurs Chiliens blâment les politiques imposées par le général Augusto Pinochet, durant la dictature de 1973 à 1990, pour avoir fait en sorte que l'argent et le pouvoir demeurent entre les mains de quelques privilégiés.

Les sondages laissaient présager une défaite cuisante pour Mme Matthei, une ancienne ministre des Finances, en raison de son appui envers Pinochet, à l'époque, ainsi que ses liens avec le président actuel. M. Pinera, un entrepreneur milliardaire, fut le premier président de centre-droite du pays depuis le retour de la démocratie, et avec seulement 34 pour cent d'appuis lors du dernier coup de sonde, le plus impopulaire.

Il s'agissait par ailleurs de la première présidentielle après l'introduction de l'inscription automatique sur les listes électorales, faisant passer de huit à 13,5 million le bassin d'électeurs. Mais le fait de voter en lui-même est devenu optionnel avec ce changement, et seulement 50 pour cent des électeurs ont participé au premier tour, frustrant les deux principaux camps.

Et au second tour, le taux de participation s'est cependant élevé à seulement 41 pour cent.

C'était la première fois que la population du Chili devait choisir entre deux femmes, toutes deux riches d'un long passé politique. Les deux adversaires du second tour partageaient par ailleurs un même historique: compagnes de jeu sur une base militaire dans leur jeune âge, elles se sont retrouvées dans des camps séparés après le coup d'État militaire de 1973.

Le père de Mme Matthei est devenu l'un des membres de la junte de Pinochet, tandis que le père de Mme Bachelet a été torturé à mort pour avoir refusé d'appuyer le chef de l'État. Mme Bachelet a elle-même été emprisonnée avant d'être forcée à l'exil.

Le Chili est le premier producteur mondial de cuivre, et son économie à croissance rapide, son faible taux de chômage et sa démocratie stable font l'envie de l'Amérique latine. Mais plusieurs habitants réclament qu'une plus grande partie des revenus miniers soit utilisée pour corriger les problèmes du secteur sous-financé de l'éducation.

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