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15/12/2013 05:27 EST | Actualisé 14/02/2014 05:12 EST

Michelle Bachelet est de nouveau élue présidente du Chili

ASSOCIATED PRESS
Presidential candidate and former President Michelle Bachelet holds up her vote before casting it during presidential elections in Santiago, Chile, Sunday, Dec. 15, 2013. Bachelet is widely expected to return to Chile's presidency by beating conservative rival Evelyn Matthei in Sunday's runoff vote. (AP Photo/Jorge Saenz)

La socialiste Michelle Bachelet a largement remporté dimanche l'élection présidentielle au Chili devant la conservatrice Evelyn Matthei et devra désormais relever le défi de mettre en oeuvre les profondes réformes qu'elle a promises.

Après un premier mandat en 2006-2010, Mme Bachelet a été élue avec plus de 60% des voix dimanche, selon les premiers résultats partiels, portant sur 56% des bureaux de vote.

«C'est clair, elle a gagné. Nous la féliciterons. Ensuite, j'irai lui rentre visite personnellement», a déclaré Mme Matthei sitôt rendue publique cette première tendance.

Grande favorite, Michelle Bachelet, 62 ans, médecin de formation et première femme élue à la tête d'un pays sud-américain en 2006, a confirmé les pronostics qui lui promettaient une victoire très confortable.

Au cours de la campagne, l'ex-présidente a promis de mettre en marche dans les 100 jours après son élection un ambitieux programme de réformes.

Ce programme est notamment fondé sur une révision de la Constitution de 1980 héritée de la dictature, une réforme fiscale envisageant une augmentation de l'impôt des sociétés de l'ordre de huit milliards de dollars (3% du PIB) destinée notamment à une refondation du système éducatif pour instaurer une éducation publique de qualité, l'amélioration du système de santé et des services publics.

A la fermeture dimanche, les bureaux de vote étaient quasiment déserts depuis de longues heures, alors que la température à Santiago a grimpé jusqu'à 32°C et que les achats de Noël battaient leur plein, ont constaté les équipes de l'AFP.

Abolition du vote obligatoire

Pour César Gonzalez, président du bureau de vote dans une école du centre de la capitale, «le fait que pour tout le monde l'élection est jouée d'avance peut expliquer le manque d'affluence».

Par contraste, dans le quartier populaire de Meiggs, au coeur de Santiago, c'est la bousculade autour des boutiques à petits prix qui vendent cadeaux et décorations de Noël.

«Aujourd'hui, je n'ai pas voté puisque j'ai déjà voté au premier tour. Pourquoi voter deux fois, si c'est Michelle qui gagne ?», s'interrogeait Gustavo Huerta, 60 ans, les bras chargés de cadeaux.

Plus de 13 millions d'électeurs - sur une population de quelque 16,5 millions d'habitants - ont été appelés aux urnes.

«Pour le Chili, il s'agit de la première élection présidentielle avec le vote volontaire», avait rappelé au cours de la journée Mme Bachelet.

L'abstention a dépassé les 50% au premier tour et pourrait s'accentuer en raison de l'importante avance de Mme Bachelet, de la proximité des fêtes de fin d'année et des grandes vacances scolaires ainsi que de l'absence d'enjeu réel, selon des analystes.

L'abolition du vote obligatoire date de 2011. Aux municipales d'octobre 2012, l'abstention avait atteint 60%.

Evelyn Matthei, 60 ans, ex-ministre du Travail du sortant Sebastian Piñera (centre-droit), investie tardivement après une cascade de retraits de leaders conservateurs, avait reconnu que cette élection était le combat de «David contre Goliath», soulignant qu'une victoire face à la candidate socialiste relèverait du «miracle».

Les deux femmes qui s'affrontaient dans un duel électoral sans précédent en Amérique latine ont la particularité de partager un passé commun.

Filles de généraux de l'Armée de l'air qui étaient des amis proches, elles ont partagé les jeux de l'enfance et l'ambiance familiale d'une base militaire.

Mais le coup d'État qui a installé la dictature d'Augusto Pinochet en 1973 changera leur vie à tout jamais. Alberto Bachelet fut torturé à mort pour sa fidélité à l'égard du président déchu Salvador Allende. De son côté, Fernando Matthei a rejoint la junte militaire.

Après un premier mandat (2006-2010) achevé avec une cote de popularité intacte, Mme Bachelet a passé trois ans à la tête de l'ONU-Femmes à New York.