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15/12/2013 07:23 EST | Actualisé 14/02/2014 05:12 EST

Libye: maintien du blocage des principaux terminaux pétroliers

Le blocus des principaux terminaux pétroliers de l'Est libyen, qui devait être levé dimanche, est finalement maintenu, a indiqué le chef des gardes qui bloquent depuis plusieurs mois ces installations pour réclamer l'autonomie de la région.

"Nous affirmons que nous n'allons pas ouvrir les ports pétroliers", a déclaré Ibrahim Jodhrane, expliquant que les différentes tentatives pour résoudre la crise avec le gouvernement avaient échoué.

Mardi, Saleh al-Ateiwich, chef de la tribu de Jodhrane dont sont issus la plupart des protestataires, avait annoncé la levée à partir du 15 décembre du blocage des principaux terminaux pétroliers de l'Est libyen, qui dure depuis plusieurs mois.

Mais M. Jodhrane a expliqué dimanche dans une déclaration transmise par la chaîne al-Nabaa que les trois conditions posées pour la levée du blocus n'avaient pas été satisfaites par le gouvernement.

Les gardes réclament la formation de deux commissions, l'une chargée d'enquêter sur les accusations d'exportation illégale de pétrole, l'autre de superviser la commercialisation du brut.

Ils exigent aussi l'attribution à la région de la Cyrénaïque -dont ils réclament l'autonomie dans le cadre d'une fédération - d'une part des revenus pétroliers.

Des gardes des installations pétrolières dépendant du ministère de la Défense, en charge de la surveillance des installations pétrolières, bloquent depuis fin juillet les principaux terminaux pétroliers du pays.

Accusant dans un premier temps les autorités de vendre du pétrole de façon irrégulière, ces protestataires ont par la suite revendiqué l'application du système fédéral qui divisait le pays en trois régions administratives historiques: la Cyrénaïque, la Tripolitaine (ouest) et le Fezzane (sud), avant sa suppression en 1963.

Ibrahim Jodhrane s'est ainsi autoproclamé en août président du bureau politique de la Cyrénaïque, et a oeuvré pour la formation d'un gouvernement local.

Le Premier ministre libyen, Ali Zeidan, a affirmé à plusieurs reprises qu'il ne reconnaissait pas ce gouvernement fédéral. Il a également menacé de faire usage de la force pour lever le blocus sur les sites pétroliers, sans toutefois passer à l'action.

Les partisans du fédéralisme ont annoncé le 12 novembre la création d'une compagnie pétrolière pour commercialiser le pétrole ainsi que d'une Banque régionale, dans ce qui semble être un nouveau moyen de pression sur les autorités de Tripoli.

Dans le cadre de ce bras de fer, M. Jodhrane a accusé le gouvernement libyen de lui avoir remis des chèques pour un montant total de 30 millions de dinars (17,41 millions d'euros) en contrepartie de la levée du blocus, une accusation réfutée par les autorités.

Le blocage des principaux terminaux pétroliers a provoqué une chute de la production à 250.000 barils/jour, contre près de 1,5 million b/j avant le début de ce mouvement.

La semaine dernière, le ministre du pétrole, Abdelbari al-Aroussi, a indiqué que le mouvement de protestation dans l'est du pays avait coûté au pays 9 milliards de dollars depuis le début du mouvement en juillet.

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