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15/12/2013 04:37 EST | Actualisé 13/02/2014 05:12 EST

La France et l'Espagne désormais reliées par des TGV directs

Voyager en TGV entre la France et l'Espagne sans avoir à changer de train est désormais possible après l'ouverture dimanche de la première ligne à grande vitesse reliant directement Barcelone à Paris, Lyon, Marseille et Toulouse.

Avec une année et demi de retard environ sur le calendrier, le premier convoi commercial parti de la métropole catalane a quitté à 09H20 (08H20 GMT) la gare de Barcelone-Sants. A son bord: une centaine de passagers seulement.

Les tout premiers voyageurs à emprunter la nouvelle liaison depuis la France étaient pour leur part partis deux heures auparavant de Marseille.

Pour marquer la concrétisation du projet, un train inaugural reliant Barcelone à Perpignan doit pour sa part partir en fin de matinée, emportant avec lui une cohorte d'officiels. A leur tête: Guillaume Pepy et Julio Gomez-Pomar Rodriguez, les présidents de la SNCF et Renfe, les compagnies ferroviaires française et espagnole, ainsi que les ministres des Transports des deux pays, Frédéric Cuvillier et Ana Pastor.

SNCF et Renfe, en coopération, font circuler cinq aller-retours par jour dans un premier temps. L'offre, qui s'adresse principalement à une clientèle loisirs, devrait être élargie progressivement, et notamment l'été, en période d'affluence touristique.

"Il faut créer le marché, remplir les trains, ensuite on en ajoutera", a expliqué Jean-Yves Leclercq, directeur Europe de la branche voyages de la SNCF.

Au total, 17 villes des deux côtés de la frontière sont desservies par cette nouvelle liaison et, depuis l'ouverture des ventes le 28 novembre, 30.000 billets ont été vendus, a indiqué la SNCF.

La compagnie se refuse à donner un chiffre d'affaires prévisionnel, mais indique qu'elle vise un million de passagers transportés sur cette ligne en 2014.

Grande vitesse sauf entre Montpellier et Perpignan

Un trajet entre Paris et Barcelone, dont le prix s'échelonne de 59 à 170 euros, dure désormais 06H25, ce qui ne représente qu'un gain de temps mineur de vingt minutes. Le temps de parcours devrait être ramené à 05H35 lorsque l'intégralité du trajet se fera à grande vitesse.

En effet, le tronçon entre Nîmes et Perpignan se fait sur une ligne ferroviaire classique. La construction d'une ligne à grande vitesse sur cette dernière portion se fera en deux temps.

Les quelque 80 kilomètres entre Nîmes et Montpellier sont déjà en travaux. La ligne à grande vitesse sera mise en service en 2017.

Quant au tronçon reliant Montpellier à Perpignan, le ministre français des Transports Frédéric Cuvillier pourrait s'exprimer, dimanche, à ce sujet.

Cette portion n'avait pas été classée parmi les priorités par le rapport de la Commission "Mobilité 21" présidée par Philippe Duron, et présenté en juin dernier. Ce qui est susceptible d'évoluer en fonction de la saturation de la ligne actuelle.

La construction de la LGV catalane entre Barcelone et Figueres, à la frontière française, a coûté 3,7 milliards d'euros, et a été inaugurée en janvier dernier.

"Depuis janvier 2013, avec l'ouverture de cette LGV, le trafic a augmenté entre Paris et Barcelone malgré la correspondance" à Figueres, a indiqué Barbara Dalibard, directrice de la branche voyages de la SNCF.

La ligne directe France-Espagne, projet lancé en 2008, "n'est pas conçue par rapport à Paris. C'est une liaison méditerranéenne", avait indiqué, en décembre 2012, le président de la SNCF Guillaume Pepy, évoquant "un outil de développement pour l'arc méditerranéen".

Il avait alors annoncé l'ouverture de cette ligne pour la fin du premier semestre 2013.

La SNCF explique ce retard par les délais d'homologation de ses trains pour qu'ils puissent rouler en Espagne, et réciproquement des trains de Renfe pour qu'ils circulent en France.

jul/bpi/ros

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