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15/12/2013 07:41 EST | Actualisé 14/02/2014 05:12 EST

Bachelet prochaine présidente du Chili promet de "grandes transformations"

La socialiste Michelle Bachelet, élue à nouveau présidente du Chili dimanche, a promis de mener "enfin" à bien "de profondes transformations" pour combler les attentes d'un pays en proie à de grandes inégalités.

Bachelet s'est imposée, malgré une forte abstention, par 62,1 % des votes au deuxième tour face à la candidate de droite Evelyn Matthei, qui a obtenu 37,8 % des voix, un des pire résultats d'un parti de droite depuis le retour de la démocratie.

A peine les résultats connus, sa rivale de droite Evelyn Matthei lui a adressé ses félicitations.

Pour sa part, le président sortant Sebastian Piñera a appelé, en direct à la télévision, la nouvelle présidente, une tradition républicaine prisée au Chili.

"Vous avez obtenu une grande victoire" a déclaré Pinera qui avait lui-même succédé à Bachelet en 2010, "et je voudrais vous souhaiter le plus grand succès".

Le président sortant lui a promis "une attitude constructive, patriotique car malgré nos différences, nous voulons la même chose: le meilleur pour le Chili".

Mme Bachelet, dans son discours de victoire a insisté sur l'urgence de construire un "Chili plus juste" et d'en "finir avec les inégalités".

"Il est temps de mener des changements de fond" dans le pays, même si cela ne sera "pas facile", a-t-elle déclaré à la tribune devant des milliers de partisans enthousiastes à Santiago.

"Ça ne va pas être facile, mais quand a-t-il été facile de changer le monde pour l'améliorer?" a-t-elle lancé. Après un premier mandat en 2006-2010, Michelle Bachelet, 62 ans, médecin de formation et première femme élue à la tête d'un pays sud-américain, a confirmé les pronostics qui lui promettaient une victoire très confortable.

Première présidente chilienne réélue en 60 ans, la socialiste n'aura toutefois pas la tâche facile face aux attentes de la société chilienne, en particulier des jeunes.

"Ce sera très compliqué pour Mme Bachelet de gérer les attentes qui se sont créés autour de son gouvernement", relève pour l'AFP le politologue Cristóbal Bellolio.

Consciente de ces attentes, elle a promis de mettre en marche ses réformes dans les cent jours suivant son investiture le 11 mars prochain.

Son programme est notamment fondé sur une révision de la Constitution de 1980 héritée de la dictature, une réforme fiscale envisageant une augmentation de l'impôt des sociétés de l'ordre de huit milliards de dollars (3% du PIB) destinée notamment à une refondation du système éducatif pour instaurer une éducation publique de qualité, l'amélioration du système de santé et des services publics.

La nouvelle présidente du Chili hérite d'un pays un peu essoufflé par le ralentissement de l'économie mondiale, un recul des investissements et la baisse des prix du cuivre, dont il est le premier producteur au monde.

Mais l'économie chilienne reste solide, avec une croissance entre 3,75% et 4,75% prévue pour 2014.

Le revenu par habitant a dépassé le seuil des 20.000 dollars, ce qui en fait le plus élevé d'Amérique Latine.

Les réformes fiscales de la nouvelle présidente "sont complexes et ambitieuses", indique à l'AFP l'économiste Francisco Castañeda.

Elle devra également relever les défis de revendications sociales qui ont jeté dans les rues de Santiago des milliers de manifestants en 2011 pour réclamer notamment une réforme de l'éducation.

Les nouveaux leaders du mouvement étudiant ont exprimé leur méfiance vis à vis de Michelle Bachelet et avaient appelé à ne pas voter lors des élections.

Une grande manifestation étudiante est d'ores et déja prévue pour le 15 mars, quatre jours après la passation de pouvoir.

L'élection a mis également à jour la crise profonde de la droite chilienne, affaiblie par une course à la présidence remplie d'obstacles et un mauvais résultat aux législatives.

Evelyn Matthei, première femme candidate conservatrice à une présidentielle chilienne a été investie à la dernière minute, après une cascade de retraits de caciques de la droite.

"Ma fille n'a pas été seule, elle a été totalement seule", s'est plaint dimanche son père, Fernando Matthei, général à la retraite, membre de la junte militaire d'Augusto Pinochet (1973-1990), et ancien ami et collègue du père de Michelle Bachelet avant le coup d'Etat du 11 septembre 1973.

"J'espère que nous aurons un centre-droit solide, nécessaire au développement du Chili, a déclaré pour sa part l'ex-candidat présidentiel de droite Pablo Longueria.

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