Chez Facebook, on les appelle, "les posts auto-censurés". Si vous êtes inscrit sur ce réseau social, cela vous est certainement déjà arrivé. Vous vous apprêtez à poster quelque chose et finalement, vous vous ravisez et effacez tout ce que vous veniez d'écrire. Aussitôt effacé, aussitôt oublié? Cela ne se passe comme ça chez Facebook.

Un article de Slate.com relaie une étude menée par un ingénieur doctorant et un spécialiste des données chez Facebook. Les deux spécialistes ont mené une étude comportementale sur l'auto-censure en se basant sur 5 millions d'utilisateurs de Facebook anglophones. Leur étude est disponible en intégralité en ligne.

Une habitude qui dessert Facebook

Pour collecter ces données, "Facebook envoie un code à votre navigateur. Ce code analyse automatiquement ce que vous écrivez dans n'importe quelle zone de texte et rapporte les métadonnées à Facebook" explique Slate.com. Des métadonnées et non des données, Facebook ne collecte pas ce que vous écrivez mais l'heure à laquelle vous publiez ou par exemple si la publication en question comporte un lien. Cette pratique n'est pas mentionnée dans les conditions d'utilisation.

Pourquoi Facebook s'intéresse à ce que ses utilisateurs ne publient pas? "Moins les utilisateurs partagent de contenu, moins Facebook a de la valeur." De nombreuses personnes choisissent de ne pas publier telle ou telle chose car cela n'intéressera qu'une partie de leurs "amis".Or le réseau social veut justement faire baisser cette auto-censure pour que ses utilisateurs partagent le plus possible.

Slate.com explique également que Facebook n'est pas le seul à étudier ce genre de contenu, Gmail par exemple enregistre automatiquement tout ce que vous écrivez alors même que votre mail n'a pas été envoyé. Ce qui permet aux utilisateurs de retrouver un contenu s'ils ferment leur fenêtre (mais reste à savoir ce que Google fait de ces données, lui aussi).

Se renseigner sur ses utilisateurs, une tendance de fond

De manière générale, Facebook travaille pour devenir votre meilleur ami et veut en savoir davantage sur son milliard d'abonnés en donnant un coup de fouet aux capacités de son intelligence artificielle. L'entreprise californienne vient d'embaucher le professeur français Yann LeCun, un spécialiste de l'intelligence artificielle de l'Université de New York. Celui-ci va diriger une équipe chargée d'améliorer celle du réseau social pour rendre Facebook plus intelligent et plus pertinent.

En effet, les fils de nouvelles du géant californien peuvent ressembler à un joyeux bazar, mais Yann LeCun estime qu'il "peuvent être améliorés grâce à des systèmes intelligents". "Cela peut passer par un classement des publications dans un certain ordre, ou en décidant quelles publicités vont être affichées, pour être plus pertinent", a expliqué à l'AFP Yann LeCun après sa nomination le 9 décembre.

Un immense laboratoire de recherche

Facebook est le plus gros réseau social du monde mais il est confronté à divers défis pour poursuivre sa croissance et garder ses utilisateurs actifs. L'un d'eux est de trouver un équilibre dans la quantité de publicités qu'il diffuse: il doit en passer assez pour faire croître ses revenus, mais sans faire fuir ses abonnés.

Le réseau social a investi lourdement pour doper son efficacité. Yann LeCun n'a pas souhaité donner trop de précisions mais selon lui Facebook est en train de s'équiper de la plus grosse équipe de recherche du monde dans le domaine de l'intelligence artificielle. "Notre seule limite c'est: combien de gens intelligents dans le monde peut-on embaucher?", a encore dit Yann LeCun, qui prendra ses nouvelles fonctions en janvier mais conserve son poste à New York. "C'est très ambitieux".

Les membres de ce "laboratoire d'intelligence artificielle" travailleront à New York, à Londres et au quartier général de Facebook de Menlo Park, en Californie.

Yann LeCun, pionnier de l'intelligence artificielle

Avant Facebook, Google a aussi tenté ces derniers mois une incursion dans le domaine de l'intelligence artificielle en acquérant par exemple DNNresearch, une startup connue pour ses travaux en la matière.

"Facebook investit dans ce domaine pour +rester dans le jeu+", estime Greg Sterling, analyste chez Opus Research. "Google, Apple et IBM ont tous essayé à des degrés divers d'investir dans l'intelligence artificielle, un terme qui reste très large et englobe de nombreuses notions. C'est une technologie d'avenir et Facebook veut avoir accès à sa propre technologie".

Yann LeCun, né à Paris en 1960, est considéré comme l'un des pionniers de la discipline. Il a notamment créé un algorithme qui reproduit en partie le cortex visuel d'animaux et d'êtres humains. Celui-ci a par exemple permis à la société AT&T Bell Labs de développer un système de lecture de chèques, qui dès la fin des années 1990 lisait environ 20% des chèques émis aux Etats-Unis, selon l'Université de New York.

Des changements à venir très prochainement

Les récents projets de recherche de Yann LeCun l'ont notamment vu plancher sur une application pour des robots de navigation autonomes, des voitures sans conducteur et des petits robots volants. James Hendler, un spécialiste du Rensselaer Institute, a noté que Facebook utilisait déjà des algorithmes d'intelligence artificielle, mais que l'appliquer aux photos, vidéos et données multimédias requérait une montée en puissance de ces logiciels.

"Je pense que dans un premier temps ils vont déjà essayer d'améliorer leurs algorithmes existants, avec par exemple une meilleure sélection de ce qui apparaît dans les fils d'actualité des utilisateurs. Et à l'avenir on pourrait voir plus de possibilités apparaître, comme la possibilité de chercher des photos de sujets qui nous intéressent", prédit-il.

Facebook a d'ailleurs signalé ces dernières semaines qu'il allait changer sa manière d'alimenter le fil des nouvelles des utilisateurs. Ces nouveaux investissements dans l'intelligence artificielle vont dans ce sens.

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