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14/12/2013 08:14 EST | Actualisé 13/02/2014 05:12 EST

Centrafrique: la distribution de vivres suspendue dans un camp de Bangui pour raison de sécurité

La distribution de vivres dans l'immense camp de déplacés de l'aéroport de Bangui a été suspendue samedi jusqu'à nouvel ordre pour raisons de sécurité, des hommes armés de machettes se montrant menaçant, a-t-on appris auprès du Programme alimentaire mondial (PAM).

La distribution d'huile, de riz et de petits poids aux 45.000 déplacés de ce camp n'a pas pu commencer samedi, les humanitaires du PAM et de l'ONG italienne Cooperazione internacionale ayant été encerclés par des hommes, certains armés de machettes, à leur arrivée.

La veille, la première distribution de vivres organisée pour ce camp de déplacés avait fini en pillage généralisé peu avant 16H00.

"Nous avons été entourés par des jeunes organisés et très nombreux. Il y a eu un déferlement de jeunes qui nous a inquiété, on a dû arrêter la distribution", a expliqué à l'AFP et RFI Guy Adoua, directeur adjoint du PAM Centrafrique.

Le responsable évoque "des bandits dont quelques uns ont des machettes" venus des "quartiers environnants" et pas du camp de déplacés. "Nous avons peur que des gens soient assassinés pendant la distribution", a-t-il martelé.

"Nous suspendons momentanément la distribution" en attendant de "résoudre ce problème de sécurité", a annoncé le responsable du PAM à Bangui.

"Notre combat, nous le menons pour des populations en détresse. Nous avons besoin que la distribution soit sécurisée. Si la Fomac (la force multinationale de l'Afrique centrale) ou les Français ne sont pas présents en permanence, nous ne pourrons rien faire", affirme-t-il.

Avec 45.000 déplacés selon Médecins sans frontières, le camp de l'aéroport de Bangui, situé aux abords immédiats des pistes non clôturées de l'aérodrome, est l'un des plus grands de Centrafrique.

Rien qu'à Bangui, 159.000 déplacés ont été comptabilisés par le HCR depuis que des violences interreligieuses ont éclaté dans le pays.

Le PAM estime à 70.000 le nombre de rations distribuées aux déplacés ces derniers jours, dans une quinzaine de camps situés dans la capitale. Hormis le camp de l'aéroport, "dans la quinzaine de sites où nous sommes présents, nous ne rencontrons pas de problèmes", assure M. Adoua.

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