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14/12/2013 09:34 EST | Actualisé 13/02/2014 05:12 EST

Centrafrique: "il faut imposer la sécurité à marche forcée, c'est une guerre" (ex-PM)

L'ancien Premier ministre centrafricain Anicet Georges Dologuélé a estimé samedi que les forces françaises et africaines devaient "imposer la sécurité à marche forcée" et mener leur intervention dans son pays comme "une guerre".

"C'est une guerre. Ce n'est pas juste une opération de désarmement de gentils" rebelles, a déclaré M. Dologuélé à des journalistes en marge de la World Policy Conference, réunissant à Monaco des dizaines de responsables politiques et économiques.

"Il faut imposer la sécurité à marche forcée (...) On ne peut pas se contenter de prendre les armes et de dire +ciao+", a estimé M. Dologuélé, qui fut Premier ministre de l'ancien président Ange-Félix Patassé de 1999 à 2001.

1.600 soldats français et environ 3.000 africains sont déployés sur mandat de l'ONU en Centrafrique pour tenter de rétablir la sécurité dans ce pays en proie aux violences depuis la chute en mars du président François Bozizé, renversé par une rébellion hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka.

Les violences ont tourné aux massacres entre chrétiens, qui composent la majorité de la population de 4,5 millions d'habitants, et musulmans, assimilés aux ex-rebelles.

Les tueries ont fait "plus de 600 morts" en une semaine et 160.000 déplacés rien qu'à Bangui, selon l'ONU.

La capitale a entamé une "descente aux enfers" depuis 10 jours, a souligné M. Dologuélé, jugeant la situation "ingérable".

Selon lui, "plus de 70% des ex-rebelles Séléka", principalement visés par les opérations de désarmement menées par les soldats français, "sont des petits voyous qui n'avaient jamais touché une arme de leur vie il y a un an". Mais les autres sont "des éléments irrécupérables", a-t-il dit.

Interrogé sur le rôle du président de transition Michel Djotodia, porté au pouvoir par la Séléka, M. Dologuélé s'est dit "surpris par sa passivité".

"A chaque fois qu'il prend la parole c'est en faveur de ses combattants. Ca peut être un réflexe d'autodéfense, il a peut-être peur d'être assassiné. Mais on a besoin de sentir qu'il se comporte comme un président et que le sort de toutes les populations lui importe", a-t-il déclaré.

M. Dologuélé, qui a annoncé il y a plusieurs mois qu'il serait candidat à la future élection présidentielle en Centrafrique réclamée avant 2015 par le président français François Hollande, a récemment créé un parti, l'Union pour le renouveau centrafricain (Urca).

"Mon but est de préparer l'avenir des futures générations", a déclaré M. Dologuélé, qui partage sa vie entre Bangui et Paris.

Figure respectée dans l'histoire politique tourmentée de l'ancienne colonie française, "M. Propre", comme le surnommait la presse centrafricaine, était réputé pour sa gestion rigoureuse des finances publiques. Il a également été président de la Banque de développement des Etats de l'Afrique centrale (BDEAC), dont le siège est à Brazzaville, de 2002 à 2010.

cf/alc/sd

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