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13/12/2013 07:13 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

Washington salue l'accord entre Kinshasa et les rebelles du M23

Les Etats-Unis ont salué vendredi l'issue positive des pourparlers de paix entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et les rebelles du M23, estimant que la fin de leur conflit marquait un pas vers une paix durable dans la région troublée des Grands Lacs.

Kinshasa et le M23 (Mouvement du 23 mars), qui a déposé les armes voici un mois, ont formellement enterré jeudi soir la hache de guerre. Le M23 a notamment confirmé sa décision de se muer en parti politique légal tandis que Kinshasa s'est engagé à faciliter la démobilisation, le désarmement et la réinsertion des combattants et à déposer au Parlement un projet de loi d'amnistie partielle.

Même si les discussions n'ont pas abouti à un accord contraignant, l'émissaire américain pour la région des Grands Lacs, Russell Feingold, qui a aidé à faire aboutir les pourparlers, a souligné que les engagements pris étaient "une bonne nouvelle dans une région qui en a eu beaucoup de mauvaises".

"C'est vraiment une avancée majeure", a estimé l'ancien sénateur américain, de passage à Paris, interrogé par téléphone par l'AFP.

"L'est du Congo est dans une situation terrible depuis presque 20 ans en raison de différents conflits armés qui ont fait entre cinq et six millions de morts, qui ont conduit à un nombre horrible de violences sexuelles et à des milliers d'enfants soldats enrôlés pour combattre", a-t-il ajouté.

"C'est l'une des pires tragédies des temps modernes", a estimé M. Feingold.

"Ce que ces discussions apportent, c'est d'en finir avec l'un des pires groupes, le M23. Cela a pris un an, la communauté internationale a dû beaucoup s'impliquer mais nous les avons enfin arrêtés. C'est un premier pas, et c'est un premier pas important", a-t-il poursuivi.

Selon l'émissaire américain, la priorité est désormais d'obtenir des accords pour neutraliser d'autres groupes armés agissant dans la région.

Selon M. Feingold, outre le désarmement des groupes armés responsables des atrocités commises dans la région, la RDC, le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda doivent travailler ensemble pour sceller leur frontières communes et s'assurer que les groupes armés ne puissent plus se déplacer librement d'un pays à l'autre.

Soutenue par l'Ouganda et le Rwanda, la rébellion du M23 est tombée sous les coups de l'armée congolaise le 5 novembre lorsque ces deux pays, soumis à une forte pression diplomatique, notamment américaine, ont cessé de lui apporter leur soutien.

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