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13/12/2013 05:03 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Ukraine: l'opposition se prépare à un week-end de forte mobilisation

Les opposants ukrainiens pro-européens se préparaient vendredi à un nouveau week-end de grande mobilisation à Kiev contre le président Viktor Ianoukovitch, à qui Bruxelles a promis un soutien financier important en cas d'engagement "clair" sur la voie européenne.

Alors que la contestation est entrée jeudi dans sa quatrième semaine, l'opposition a appelé à un rassemblement dimanche à 12H00 (10H00 GMT), comme ceux qui ont réuni les deux derniers dimanches des centaines de milliers de personnes dans la capitale ukrainienne.

"Tous les Ukrainiens doivent venir sur Maïdan (la place de l'Indépendance à Kiev) pour exprimer leur aspiration à vivre dans un pays européen moderne", a lancé l'un des chefs de file de l'opposition, Vitali Klitschko, devant des milliers de personnes réunies mercredi soir.

"Nous voyons qu'ils essayent de nous effrayer, mais ils vont échouer", a ajouté le champion de boxe.

L'opposition est mobilisée depuis le volte-face fin novembre du président, qui a renoncé à signer un accord d'association avec l'UE en préparation depuis trois ans au profit de relations renforcées avec la Russie.

Alors que Vladimir Poutine a vanté jeudi les "intérêts économiques réels" d'un rapprochement entre Kiev et Moscou, le commissaire européen chargé de la politique de voisinage, Stefan Füle, a promis un soutien financier de l'UE "à la hauteur des ambitions" de l'Ukraine.

Il a refusé de fournir des chiffres alors que le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov a demandé mercredi à l'UE une aide de 20 milliards d'euros.

M. Füle a proposé "une feuille de route" pour la mise en oeuvre d'un accord "sur la base d'un engagement clair de l'Ukraine de signer" un accord.

"Nous allons défendre nos idées"

La contestation, sans précédent depuis la Révolution orange qui avait porté des pro-occidentaux au pouvoir en 2004, a encore pris de l'ampleur depuis un assaut de la police dans la nuit de mardi à mercredi sur la place de l'Indépendance de Kiev, appelée aussi Maïdan.

La manoeuvre, abandonnée devant l'afflux de milliers de manifestants, a été vivement condamnée par l'UE et les Etats-Unis, Washington évoquant même la possibilité de sanctions. Elle a fait une trentaine de blessés selon l'opposition.

Vendredi matin, au moins 2.000 personnes étaient réunies sur la place symbole du mouvement, bien plus que les quelques centaines qui bravaient le froid à la même heure en début de semaine.

"Les gens viennent de plus en plus nombreux, on ne sait pas où les installer", a assuré Iouri Kirilenko, 33 ans, qui monte la garde devant l'une des tentes plantées à même le bitume.

"Nous allons défendre nos idées", a-t-il ajouté, prédisant un rassemblement de "peut être deux, trois millions de personnes dimanche".

Depuis l'assaut des forces anti-émeutes, les manifestants ont renforcé avec des sacs de sable et des fils de fer barbelés les barricades protégeant Maïdan, lui donnant des airs de camp retranché. Ils ont aussi planté de nouvelles tentes et souhaitent élargir leur campement sur le boulevard Khrechtchatik, qui débouche sur la place.

"Il n'y a plus assez de place sur Maïdan", a expliqué un député d'opposition, Andriï Paroubiï.

L'opposition accuse M. Ianoukovitch de vouloir "vendre" l'Ukraine à la Russie. Il pourrait selon elle sceller dès le 17 décembre, lors d'une visite à Moscou, son entrée dans l'Union douanière formée par la Russie et des ex-républiques soviétiques.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, doit rencontrer lundi à Bruxelles la chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton, afin d'évoquer notamment la situation en Ukraine.

Jeudi, le président russe Vladimir Poutine s'est dit "prêt à poursuivre le travail en commun" en vue d'une participation ukrainienne à cette alliance dont font partie le Bélarus et le Kazakhstan et que doit intégrer l'Arménie.

"Nous n'imposons rien à personne", a poursuivi le président russe, accusé ouvertement par les Européens d'avoir fait pression sur Kiev pour l'empêcher de signer un accord avec l'UE.

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