NOUVELLES
13/12/2013 10:01 EST | Actualisé 12/02/2014 05:12 EST

République centrafricaine: le ministre français de la Défense visite les troupes

BANGUI, République centrafricaine - Les troupes françaises, profitant de l'appui d'un hélicoptère militaire, ont échangé des tirs nourris avec de présumés rebelles vendredi dans un quartier agité de Bangui, la capitale de la République centrafricaine.

Dans le même temps, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, est arrivé en Centrafrique pour soutenir les 1600 soldats français déployés pour tenter de stabiliser ce pays pauvre et désarmer les rebelles à Bangui. Les résidants résistent toutefois à rendre leurs armes, craignant devoir les utiliser pour se défendre.

La spirale de la violence, qui a précipité le pays au bord de l'anarchie, ne montrait que peu de signes d'accalmie vendredi dans le quartier Miskine alors qu'un groupe de musulmans armés de machettes y a affronté de jeunes chrétiens.

La tension avait monté d'un cran au cours de la nuit de jeudi à vendredi après la mort d'un chauffeur de taxi chrétien, tué par d'anciens rebelles musulmans.

Jeudi, 27 musulmans ont été massacrés dans le village de Bohong, dans l'ouest du pays, selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. La porte-parole Ravina Shamdasani a souligné dans un communiqué que la situation était aussi tendue dans les villages de Bouca, Bossangoa et Bozoum.

La République centrafricaine est plongée dans le chaos depuis le mois de mars, lorsque le mouvement rebelle Seleka, principalement formé de musulmans, a chassé du pouvoir le président François Bozizé. Les violences interconfessionnelles se sont multipliées ces derniers temps dans ce pays à majorité chrétienne.

Plus de 500 personnes ont été tuées dans les violences au cours de la dernière semaine. Les Nations unies ont prévenu que ce bilan devrait être revu à la hausse puisque les secouristes continuent à avancer dans les quartiers les plus durement touchés.

Bien que l'armée française ait réussi à ramener un calme relatif à Bangui, l'ONU estime que plus de 160 000 des 700 000 résidants de cette ville ont pris la fuite. Au moins 30 000 d'entre eux se sont réfugiés près de l'aéroport de la capitale, gardé par les troupes françaises.

PLUS:pc