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13/12/2013 05:03 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Nucléaire : l'Iran suspend ses négociations avec le groupe P5+1

La lune de miel n'aura pas duré longtemps entre Téhéran et Washington. L'Iran vient de se retirer des négociations avec les grandes puissances portant sur son programme nucléaire.

Téhéran proteste contre une décision des États-Unis qui vise à étendre sa liste noire des entreprises soupçonnées de violer les sanctions américaines contre Téhéran. Le geste est qualifié de « contraire à l'esprit » de l'accord de Genève conclu fin novembre.

Les grandes puissances se sont engagées à ne pas imposer de nouvelles sanctions à l'Iran pendant six mois, a rappelé vendredi le négociateur iranien Abbas Araghchi, cité par les médias iraniens.

Cela donne « des arguments aux opposants au compromis trouvé à Genève », a souligné de son côté l'ambassadeur iranien en France, Ali Ahani.

Si le secrétaire d'État américain, John Kerry, et la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, minimisent l'affaire, faisant état d'une reprise des négociations « dans les prochains jours », la porte-parole de la diplomatie iranienne, Marzieh Afkham, a officiellement dénoncé « un geste inutile ».

Elle a ajouté que Washington serait entièrement responsable des « conséquences de cette décision ».

Les Iraniens ne sont pas les seuls à critiquer le geste américain. Une porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a estimé que Washington risquait de « compliquer sérieusement l'application de l'accord de Genève, qui propose un allègement du régime de sanctions ».

Les États-Unis ont annoncé jeudi l'ajout à leur liste noire d'une dizaine d'entreprises et d'individus, en majorité des Iraniens, soupçonnés de commercer illégalement avec l'Iran. Les sanctions se traduiraient notamment par un gel de leurs avoirs aux États-Unis.

L'accord de Genève « n'interfère pas et n'interférera pas avec nos efforts sans relâche destinés à démasquer et à atteindre tous ceux qui soutiennent le programme nucléaire de l'Iran ou qui cherchent à contourner les sanctions », a déclaré David Cohen, sous-secrétaire au Trésor responsable de la lutte antiterroriste.

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