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13/12/2013 02:12 EST | Actualisé 11/02/2014 05:12 EST

Les bouleversements majeurs dans le monde arabe depuis 2010

Le monde arabe a été ébranlé depuis décembre 2010 par des bouleversements majeurs qui ont plongé la Syrie dans une guerre civile sanglante et provoqué la chute de deux présidents en Egypte, alors que la Tunisie vit lundi un moment historique avec l'adoption d'une nouvelle Constitution.

TUNISIE

Les dirigeants tunisiens ont signé lundi la nouvelle Constitution, plus de trois ans après la 1ère révolution du Printemps arabe, qui a abouti à la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011.

Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, a fui son pays pour l'Arabie saoudite, chassé par une révolte déclenchée par l'immolation par le feu mi-décembre 2010 d'un jeune marchand excédé par des humiliations policières. Après l'élection d'une Assemblée constituante, dominée par les islamistes du parti Ennahda, Moncef Marzouki, farouche opposant à Ben Ali, a été élu à la présidence par l'Assemblée.

L'adoption de la Constitution, après plus de deux ans de travaux chaotiques, a été rendu possible par le retrait du pouvoir d'Ennahda qui laisse la place à un gouvernement d'indépendants.

Mais le pays fait face à l'essor de la mouvance jihadiste et des conflits sociaux à répétition.

SYRIE

La Syrie est en proie depuis mars 2011 à un conflit déclenché par une révolte pacifique qui s'est muée en une guerre civile face à la répression brutale menée par le régime de Bachar al-Assad. Le conflit a fait plus de 130.000 morts alors que des millions de personnes ont été forcées de quitter leurs foyers.

Le régime, appuyé par le Hezbollah chiite libanais pro-iranien et des miliciens chiites étrangers, combat une rébellion composée de déserteurs, rejoints ensuite par des civils ayant pris les armes puis des jihadistes étrangers. Les rebelles sont en majorité sunnites, alors que le clan Assad est issu de la minorité alaouite, une branche du chiisme.

En septembre, un accord russo-américain sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien d'ici la mi-2014 a écarté in extremis la menace d'une frappe américaine, brandie après une attaque chimique imputée au régime et qui a fait des centaines de morts dans deux zones contrôlées par les rebelles près de Damas.

Des représentants du régime et de l'opposition ont entamé samedi en Suisse leurs pourparlers dans le cadre de la conférence de paix de Genève II, initiée par la Russie et les Etats-Unis. Mais les combats font toujours rage dans le pays et le conflit, qui a polarisé la région entre pro et anti-régime, ne connaît pas de répit.

EGYPTE

Hosni Moubarak, au pouvoir pendant trois décennies, a été chassé du pouvoir après 18 jours de révolte populaire (près de 850 morts) et a remis ses pouvoirs le 11 février 2011 à l'armée.

Le 3 juillet 2013, l'islamiste Mohamed Morsi, premier chef d'Etat issu d'un scrutin démocratique, a été renversé par l'armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Sissi - qui vient d'être promu maréchal - après une année au pouvoir tumultueuse, marquée par des crises et une forte contestation politique.

Depuis l'été, plus d'un millier de protestataires islamistes ont péri et plusieurs milliers de Frères musulmans ont été emprisonnés, dont la quasi-totalité de leurs leaders. Ces derniers, à l'instar de M. Morsi, sont jugés dans divers procès et encourent la peine de mort.

Les autorités ont annoncé que la présidentielle se tiendrait avant les législatives, un calendrier favorable à Sissi, homme fort du pays.

LIBYE

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, les autorités de transition se montrent incapables de rétablir l'ordre et la sécurité dans un pays en proie à l'anarchie et aux violences meurtrières. Des dizaines de milices armées formées par des ex-rebelles font la loi.

BAHREIN

Petit royaume du Golfe dirigé par une monarchie sunnite, Bahreïn est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation animé par la majorité chiite qui réclame une monarchie constitutionnelle. Le pouvoir a alourdi les peines pour les auteurs de violences. Les dirigeants et leurs voisins sunnites accusent l'Iran d'encourager secrètement ce mouvement.

YEMEN

Le Yémen est le seul des pays du Printemps arabe où un soulèvement populaire a abouti à un départ négocié de l'ex-président, Ali Abdallah Saleh, en février 2012, après un an de contestation. Le pays a marqué samedi la fin du dialogue national, fruit d'un accord de transition qui a permis à Abd Rabbo Mansour Hadi de succéder à l'ancien président.

acm/sw

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